Économie
CMA CGM : un fleuron français qui choisit l’Amérique au détriment de l’emploi en France
Alors que CMA CGM affiche des bénéfices colossaux, l’armateur français investit 20 milliards de dollars aux États-Unis, créant 10 000 emplois outre-Atlantique. Une stratégie qui interroge sur l’engagement du groupe envers son pays d’origine et le rôle de son PDG, proche d’Emmanuel Macron et patron de BFM TV.
Le groupe CMA CGM, géant français du transport maritime, vient d’annoncer un investissement massif de 20 milliards de dollars aux États-Unis.
Un projet titanesque qui réjouit Donald Trump, mais qui ne manque pas de susciter des interrogations en France. Pourquoi un groupe aussi prospère, affichant un bénéfice net de 5,71 milliards de dollars en 2024, choisit-il d’injecter ses capitaux ailleurs qu’en France ?
Cet investissement prévoit le développement d’infrastructures portuaires majeures, la création d’un hub cargo aérien à Chicago, ainsi qu’un centre de recherche et développement en logistique à Boston. De quoi générer 10 000 emplois… pour les travailleurs américains.
Pourtant, en pleine période d’incertitude économique en France, où le secteur maritime pourrait bénéficier de tels investissements, le choix de CMA CGM d’orienter ses efforts outre-Atlantique laisse un goût amer.
L’argument avancé par le PDG Rodolphe Saadé repose sur le « renforcement du partenariat historique » entre son groupe et les États-Unis. Mais en réalité, cette décision semble davantage motivée par la politique protectionniste de Washington. Avec la montée des barrières douanières américaines et la menace de taxes sur les navires construits en Chine, investir aux États-Unis apparaît comme une manière d’assurer l’accès à ce marché stratégique. Une logique économique implacable, certes, mais qui démontre une flexibilité opportuniste peu soucieuse des intérêts français.
D’autant que Rodolphe Saadé n’est pas un patron comme les autres. Proche d’Emmanuel Macron, il joue un rôle clé dans les cercles du pouvoir économique et médiatique en France. En tant que propriétaire d’Altice Média, maison mère de BFM TV et RMC, il détient une influence significative sur le paysage médiatique français. Une double casquette qui soulève des questions sur les arbitrages stratégiques du groupe CMA CGM et l’absence de critique politique face à un choix aussi défavorable pour l’emploi en France.
Basé à Marseille, CMA CGM aurait pu favoriser un développement similaire en France, notamment en modernisant ses infrastructures portuaires locales ou en investissant dans la construction navale nationale. Au lieu de cela, le groupe choisit de renforcer la compétitivité américaine tout en laissant la France à l’écart de cette dynamique de croissance.
Si le pragmatisme économique dicte souvent les décisions des grandes entreprises, cette annonce met en lumière une problématique récurrente, la délocalisation des investissements stratégiques par des groupes français qui, malgré des bénéfices records, tournent le dos à leur pays d’origine. Une situation qui ne manquera pas d’alimenter le débat sur le patriotisme économique et les responsabilités des grandes entreprises vis-à-vis de leur territoire national.
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