Culture
Chouchou Lazare, l’artisan du raphia qui sublime l’héritage gabonais
Le créateur de mode gabonais a fait de cette fibre végétale, chargée d’histoire et de spiritualité, la signature d’une œuvre qui s’exporte désormais sur les scènes internationales, portée par une vision esthétique et patrimoniale.
Dans son atelier de Libreville, les longues fibres de raphia sèchent doucement au soleil. Cette matière, tirée des palmes, constitue le cœur de l’univers artistique de Chouchou Lazare. Le designer en a fait sa grammaire exclusive, une signature textile qu’il décline avec une exigence constante. Pour lui, cette fibre locale, d’une finesse remarquable, mérite une place de choix dans le paysage de la création contemporaine.
L’artiste, qui évoque avec humour une filiation spirituelle avec certaines figures légendaires de la couture, a forgé son savoir-faire en autodidacte. Dès l’enfance, il assistait sa mère dans des travaux de couture, une initiation pratique qui a posé les bases de son futur métier. Ses premières clientes furent d’ailleurs les femmes de sa famille, pour lesquelles il confectionnait des tenues. Cette expérience intime guide toujours son processus créatif. En concevant ses collections, il imagine des silhouettes majestueuses, des femmes qu’il décrit comme des souveraines, pleinement assumées.
Le raphia, qu’il tresse, coud ou assemble, habille la quasi-totalité de ses pièces, des bustiers structurés aux jupes volumineuses. Il le préfère dans son état naturel, sans teinture, pour en révéler toute l’authenticité. Au Gabon, cette étoffe n’est pas un simple matériau. Historiquement associée aux dignitaires et aux chefs, elle est imprégnée d’une dimension spirituelle profonde, liée aux ancêtres et aux rituels traditionnels comme le bwiti. Elle demeure aujourd’hui incontournable lors des cérémonies de mariage. Les autorités culturelles gabonaises soulignent d’ailleurs sa valeur en tant que richesse patrimoniale à préserver.
Chouchou Lazare, cependant, défend une vision inclusive de sa matière de prédilection. Pour lui, le raphia doit transcender les frontières culturelles et être porté par tous, bien au-delà du continent africain. Cette conviction anime son travail de promotion à l’international. Sa carrière a connu un tournant significatif il y a plus de deux décennies avec une distinction majeure en France. Récemment, il a eu l’occasion de présenter ses créations à des personnalités d’État lors d’une visite officielle, un moment qu’il qualifie d’inoubliable. La réaction admirative du public face à ses pièces lui a fait percevoir le raphia avec un regard neuf, comme une matière précieuse.
Lors d’un récent événement parisien célébrant la mode africaine, le créateur, vêtu d’une tenue mêlant costume et pagne revisité, s’est vu décerner un prix prestigieux. Au-delà de son parcours personnel, Chouchou Lazare joue un rôle de mentor pour la nouvelle génération de designers gabonais. À la tête de l’association professionnelle locale, il partage son expertise et sa rigueur technique, ouvrant la voie à d’autres talents. Pour ses pairs, collaborer avec lui représente une opportunité formatrice et une source d’inspiration.
Aujourd’hui, depuis son espace de travail inondé de lumière, le créateur poursuit son ambition avec détermination. Son objectif reste de faire reconnaître le raphia non seulement comme un matériau de mode, mais comme un trésor national, une richesse vivante qui contribue au rayonnement culturel de son pays.
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