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« Cambodge : une reconstitution poignante pour ne jamais oublier l’horreur des Khmers rouges »

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Cinquante ans après les crimes du régime de Pol Pot, des étudiants ont incarné les victimes et leurs bourreaux lors d’une cérémonie de mémoire. Une plongée brutale dans l’histoire pour honorer les disparus et éduquer les jeunes générations.

Des centaines de personnes se sont rassemblées mardi au mémorial de Choeung Ek, près de Phnom Penh, pour commémorer les victimes du génocide perpétré par les Khmers rouges. Ce lieu, tristement surnommé « les champs de la mort », fut le théâtre d’exécutions massives entre 1975 et 1979. À l’occasion de cette journée nationale du souvenir, des étudiants ont reconstitué avec une intensité glaçante les scènes de torture et d’assassinat qui ont marqué cette période sombre.

Armés de répliques d’armes et de bâtons de bambou, les jeunes acteurs ont donné vie aux atrocités commises par les partisans de Pol Pot. Les spectateurs, parmi lesquels figuraient de nombreux survivants, ont été saisis par la force évocatrice de cette performance. Pour certains, comme Chruok Sam, septuagénaire ayant perdu une douzaine de proches, ces images ont ravivé une douleur encore vive. Il espère que cette initiative permettra aux plus jeunes de mesurer l’ampleur de la barbarie qui a frappé le pays.

Entre 1975 et 1979, le régime khmer rouge a imposé une utopie meurtrière, abolissant la monnaie, la médecine et l’éducation. Près de deux millions de personnes ont péri, victimes de la famine, des travaux forcés ou des purges. Aujourd’hui, le Cambodge honore leur mémoire à travers deux dates clés : le 7 janvier, marquant la chute du régime, et le 20 mai, dédié au souvenir des politiques de collectivisation.

Parmi les survivants présents, Em Ry, 63 ans, a confié son traumatisme persistant. Réduite à l’état d’esclave, elle se souvient des rations dérisoires et de la disparition de sa famille. Le Premier ministre Hun Manet, présent lors d’un événement parallèle, a rappelé l’importance de se tourner vers l’avenir sans occulter les blessures du passé. Un message d’espoir, mais aussi de vigilance, pour que ces crimes ne sombrent jamais dans l’oubli.

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