Monde
Au Salvador, l’enfance sacrifiée sur l’autel de la sécurité
La politique de fermeté menée par le gouvernement contre les gangs a profondément transformé la société salvadorienne. Derrière les chiffres de la criminalité en baisse se dessine une réalité moins visible, celle de milliers de jeunes privés de leurs parents et confrontés à une précarité grandissante.
Le quotidien de Jade, seize ans, est rythmé par les tâches agricoles après l’école. Depuis l’arrestation de son père dans le cadre des vastes opérations policières, elle vit avec son frère chez leur grand-mère. La modeste pension envoyée par leur mère, partie travailler à l’étranger, et les revenus de la ferme familiale constituent leur unique subsistance. À ses camarades de classe qui l’affublent du stigmate de fille de détenu, l’adolescente oppose un silence résigné, nourrissant l’espoir que son innocence soit un jour reconnue.
Cette situation n’a rien d’isolé. Selon plusieurs organisations de la société civile, des dizaines de milliers de mineurs subiraient les conséquences indirectes de l’état d’exception en vigueur depuis 2022. Ce dispositif, pierre angulaire de la stratégie sécuritaire du président Nayib Bukele, a permis des interpellations massives. Si les autorités mettent en avant une baisse spectaculaire des homicides, elles reconnaissent également que plusieurs milliers de personnes ont dû être libérées en l’absence de charges suffisantes.
Pour de nombreuses familles, l’arrestation d’un parent, souvent le principal soutien économique, plonge les foyers dans une grande détresse matérielle. Des enfants se retrouvent alors confiés à des proches déjà vulnérables, les contraignant parfois à quitter le système scolaire pour contribuer aux dépenses du ménage. Des jumeaux de dix-sept ans, Carmen et Manuel, en font l’amère expérience. Leur père, livreur, a été interpellé il y a trois ans. Depuis, ils aident leur mère à subvenir aux besoins de la fratrie, cumulant petits emplois et études.
Les associations pointent du doigt l’absence de prise en charge adaptée par les pouvoirs publics pour ces mineurs, qualifiant la situation de crise latente aux effets potentiellement durables. L’instance officielle chargée de la protection de l’enfance affirme pour sa part proposer un soutien psychosocial et favoriser l’insertion professionnelle des familles d’accueil. Elle rappelle que certains parents impliqués dans des activités criminelles étaient les premiers à mettre en péril les droits de leurs enfants.
Au-delà des difficultés économiques et du traumatisme de la séparation, un drame plus absolu guette certains de ces jeunes. Des organisations non gouvernementales documentent plusieurs centaines de décès en détention depuis le début de l’état d’exception, laissant des orphelins dans le dénuement le plus total. Pour ceux dont le parent est toujours incarcéré, l’attente et l’incertitude pèsent lourdement sur leur construction personnelle, volant à beaucoup, comme le déplore Carmen, une part essentielle de leur jeunesse.
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