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Au Groenland, la vie continue malgré les tensions géopolitiques

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Alors que les déclarations américaines sur l’île arctique ont créé un climat d’incertitude, les habitants de communautés isolées s’efforcent de préserver leur quotidien et leurs traditions.

Dans le hameau de Sarfannguit, accessible seulement par la mer en été et par la glace en hiver, le temps semble suivre un cours immuable. Les quelques maisons colorées dispersées sur les hauteurs dominent un fjord silencieux, où l’activité principale reste la pêche et la chasse. Dorthe Olsen, enseignante, préfère évoquer la première prise de son petit-fils, un caribou, plutôt que les récentes déclarations venues de l’étranger. Autour d’un café traditionnel, elle partage avec sa famille des tranches de foie de phoque cru, un mets apprécié. Pour elle, la réponse aux turbulences internationales réside dans la continuité des habitudes et la transmission aux jeunes générations.

Cette philosophie fait écho aux recommandations des autorités locales, qui ont invité la population à se recentrer sur la vie familiale et les coutumes ancestrales pour faire face à l’inquiétude diffuse. L’impact psychologique des revendications extérieures est reconnu, mais dans les villages, l’accent est mis sur la résilience. L’enseignante explique à ses élèves, souvent informés par les réseaux sociaux, l’importance de maintenir le rythme de vie communautaire. Son mari, de retour de la chasse, incarne cette permanence des activités qui structurent l’existence et l’économie locale.

Plus loin, à Sisimiut, le chasseur Karl-Jørgen Enoksen exprime son incompréhension face aux postures hostiles d’une nation alliée. En naviguant sur les eaux froides, il décrit une relation au territoire fondée sur le partage et l’usage collectif, à l’opposé des concepts de propriété privée et d’acquisition. L’idée que des lieux de chasse séculaires puissent changer de mains lui paraît inconcevable. Il redoute davantage, pour l’avenir de ses enfants, les conséquences du changement climatique sur l’environnement fragile dont dépend leur subsistance. Sa préoccupation première reste la préservation de ce patrimoine naturel, bien plus que les manoeuvres diplomatiques lointaines. Dans ces paysages immenses, la priorité demeure de perpétuer un mode de vie en harmonie avec un écosystème exigeant.

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