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AMD concède une part de son capital pour sceller une alliance stratégique avec Meta

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Le fabricant de semi-conducteurs s’engage à fournir des puces pour l’intelligence artificielle sur plusieurs années, un contrat dont la valeur pourrait dépasser les cent milliards de dollars. En contrepartie, le géant des réseaux sociaux pourrait devenir un actionnaire de référence.

Le groupe californien Advanced Micro Devices (AMD) a officialisé un partenariat pluriannuel d’envergure avec Meta. Cet accord porte sur la livraison, à compter du second semestre 2026, de plusieurs millions de processeurs graphiques (GPU) dédiés au calcul intensif requis par l’intelligence artificielle. La puissance cumulée de ces composants est estimée à six gigawatts.

Selon des informations communiquées par la direction financière d’AMD, la valeur du contrat se chiffrerait en dizaines de milliards de dollars par gigawatt, ce qui laisse entrevoir un montant global minimal de soixante milliards. Certaines estimations évoquent même une enveloppe totale dépassant la barre des cent milliards. Les détails précis concernant la durée exacte de l’engagement n’ont pas été dévoilés.

Une clause financière distinctive accompagne cet accord commercial. AMD a accepté d’émettre et de céder à Meta jusqu’à cent soixante millions de warrants, des instruments financiers qui pourront être convertis en actions. Cette disposition, conditionnée aux livraisons et à l’évolution du cours boursier, pourrait à terme conférer à Meta une participation pouvant atteindre dix pour cent du capital d’AMD. Il s’agit d’une structure inhabituelle où le fournisseur rétribue partiellement le client en titres de sa propre société, sans contrepartie monétaire directe.

Pour le propriétaire de Facebook, cette opération s’inscrit dans une stratégie agressive de renforcement de ses infrastructures informatiques. Après avoir considérablement accru ses investissements dans le domaine de l’intelligence artificielle au cours des derniers mois, le groupe dirigé par Mark Zuckerberg diversifie ainsi ses sources d’approvisionnement en composants critiques. Le dirigeant a salué cette étape comme un élément majeur pour étendre les capacités de calcul de sa société.

Du côté d’AMD, dirigé par Lisa Su, ce contrat constitue une avancée stratégique dans sa volonté de rivaliser avec Nvidia, l’acteur dominant du marché des puces pour l’IA. Le fabricant compte sur le déploiement de sa nouvelle architecture de processeurs graphiques, le MI450, prévue pour la seconde moitié de 2026, pour concourir avec les solutions du leader. La directrice générale a présenté cet accord comme un partenariat transformateur, destiné à accélérer significativement les volumes de production et le déploiement dans les centres de données.

Certains observateurs du marché voient cependant dans les modalités de cet accord, et particulièrement dans la cession de warrants, un signe des difficultés qu’éprouverait AMD à générer une demande organique pour ses nouveaux produits face à l’hégémonie de Nvidia. Des questions ont été soulevées quant à la nécessité pour le fondeur de concéder une part de son capital pour s’assurer un débouché de cette ampleur. La direction d’AMD défend cette approche, la présentant comme un moyen d’aligner parfaitement les intérêts des deux partenaires sur le long terme. Une structure similaire avait été adoptée avec OpenAI en octobre dernier.

À l’annonce de cette nouvelle, l’action AMD affichait une progression notable en Bourse, tandis que le titre Nvidia enregistrait une légère correction.

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