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Akouédo, de la décharge au poumon vert d’Abidjan

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Un ancien site polluant renaît en espace de vie, offrant aux Ivoiriens un modèle de reconversion environnementale.

L’herbe verdoyante et les infrastructures modernes du parc d’Akouédo dissimulent une réalité longtemps insupportable. Sous ce paysage soigné reposent des millions de tonnes de déchets accumulés pendant plus d’un demi-siècle, source de nuisances sanitaires et écologiques pour les riverains. Fermée en 2018 après 53 ans d’exploitation, cette décharge historique de la capitale économique ivoirienne a cédé la place à un vaste espace vert de cent hectares, réponse concrète aux défis d’une urbanisation accélérée.

Les travaux, menés sur cinq ans, ont permis une métamorphose radicale. Les montagnes d’ordures, les eaux polluées et les risques toxiques liés au plomb, au mercure ou au chrome appartiennent désormais au passé. Pour les habitants, cette transformation représente bien plus qu’un simple aménagement. « C’est une réparation », souligne un représentant local, évoquant les décennies de troubles respiratoires, de paludisme et d’insécurité qui ont marqué le quartier.

Le projet, doté d’un budget de 124 milliards de francs CFA, intègre une dimension énergétique innovante. Les déchets enfouis alimentent désormais une unité de production d’électricité, tandis que le parc s’articule autour d’équipements sportifs, d’une forêt en régénération et de jardins partagés. Une « Maison de l’environnement » y accueillera des débats sur les enjeux écologiques, symbolisant la vocation pédagogique du site.

Avec la création de 750 emplois et la rénovation des infrastructures avoisinantes, cette réhabilitation dépasse le cadre symbolique. Elle s’inscrit dans une politique plus large, matérialisée par l’ouverture d’un nouveau centre d’enfouissement à Kossihouen, dont la capacité quadruple celle de l’ancienne décharge. Pour Abidjan, Akouédo incarne désormais un équilibre retrouvé entre développement urbain et respect des populations.

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