Économie
Airbnb : Bruno Le Maire veut réformer la fiscalité sur la location saisonnière


Le ministre de l’Économie et des Finances s’est engagé à faire des propositions à la première ministre au président de la République.
La location saisonnière dans le viseur du gouvernement. «Ce qui m’interroge aujourd’hui c’est que nous gardions une fiscalité favorable pour le Airbnb», a lancé Bruno Le Maire sur BFMTV vendredi matin. Après quoi le ministre de l’Économie et des Finances s’est dit «ouvert» à une «réforme de la fiscalité» qui s’applique aux bailleurs de location saisonnière sur la plateforme Airbnb. Avec un objectif clairement affiché : que cette fiscalité «soit équivalente à celle d’autres logements».
Sans préciser le calendrier, Bruno Le Maire a déclaré que Bercy allait «faire des propositions à la première ministre et au président de la République». Sur le fond, le ministre a considéré qu’il s’agissait d’une «question de justice». «À partir du moment où il y a des effets d’aubaine qui sont trop importants et une fiscalité qui est trop favorable, il n’y a pas de raison de garder cette fiscalité qui conduit à des excès», estime le ministre de l’Économie et des Finances. Contacté, Bercy déclare travailler à cette réforme sans pouvoir communiquer plus de détails aujourd’hui sur les propositions. «Le but est d’inciter à la location de longue durée», indique-t-on.
Un revenu médian de 3916 euros brut en 2022
Cette prise de position de Bruno Le Maire intervient quelques jours après des annonces de la première ministre pour répondre à la crise du logement, qui constitue selon un avis très partagé une «bombe sociale» . Loin d’être convaincus par les mesures, les professionnels du secteur ont unanimement témoigné de leur déception, voire de leur colère. Le ministre de la Ville et du Logement, Olivier Klein, avait déclaré à cette occasion qu’il était favorable à «taxer plus lesAirbnb». Il semble avoir été entendu au ministère des Finances. «Une seule mesure ne peut pas répondre au problème du logement, mais elle peut y contribuer», assure-t-on dans l’entourage de Bruno Le Maire.
L’Union nationale pour la promotion de la location de vacances (UNPLV), qui défend les intérêts des plateformes telles que Airbnb, regrette le projet de Bruno Le Maire. «Alourdir la pression fiscale pour des centaines de milliers de Français de la classe moyenne, quand l’objectif du gouvernement est de réduire les impôts, nous semble contradictoire, estime Dominique Debuire, président de l’UNPLV. La meilleure option est bien sûr de rendre la location de longue durée plus attractive.»
Les revenus tirés de la location sur Airbnb représentent une manne substantielle pour les «hôtes» français, selon la nomenclature de l’entreprise américaine. Ils ont dégagé un revenu médian de 3916 euros brut en 2022, soit 3086 euros après impôts et prélèvements sociaux, d’après une étude du cabinet Astérès pour Airbnb. Ce montant représente à peu de chose près «un mois de revenu disponible» pour les bailleurs et «un peu plus de huit mois de dépenses alimentaires», indique Asterès.





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