Monde
La vie suspendue dans le sud libanais
_**Malgré une accalmie précaire, les habitants de Nabatiyé, ville meurtrie par des semaines de conflit, hésitent à croire en une paix durable et se préparent à une reprise des hostilités.**_
Le paysage urbain de Nabatiyé témoigne des violents affrontements qui ont secoué la région. Des immeubles réduits à l’état de squelettes de béton et des commerces éventrés jalonnent les rues, rappelant la puissance destructrice des frappes aériennes. Une habitante, Zeinab Farran, arpente les décombres de sa maison, désormais inhabitable. Comme de nombreuses familles, la sienne a fui en début de conflit pour se réfugier plus au nord, mais n’a pas échappé au deuil. Elle conserve des valises dans le coffre de sa voiture, prête à repartir si la trêve venait à être rompue.
Les autorités locales observent un retour très limité de la population. Sur les dizaines de milliers d’habitants que comptait la ville, seules quelques centaines de familles sont restées jusqu’à la fin des combats. L’accalmie actuelle a permis à environ quarante pour cent des résidents de revenir, non pour s’installer, mais pour constater les dégâts sur leurs biens avant de repartir, l’incertitude demeurant trop grande. La municipalité, elle-même contrainte de fonctionner depuis un local provisoire après la destruction de son siège, anticipe une reprise des hostilités en constituant des stocks de nourriture et de carburant.
Les infrastructures civiles n’ont pas été épargnées. Un établissement scolaire, déjà endommagé lors d’un précédent épisode de tensions, a de nouveau été touché, son théâtre maternel perforé par un obus. Dans le quartier dit des Religieuses, les ruines d’un immeuble abritent encore des effets personnels, comme un tablier d’écolier, vestige poignant d’une vie brutalement interrompue. L’activité commerciale, autrefois florissante dans les souks historiques, est réduite à sa plus simple expression. Seuls quelques commerces de première nécessité tentent de maintenir une présence, souvent avec un personnel réduit au strict minimum.
Cette atmosphère de suspension, entre espoir ténu et préparation au pire, définit l’état d’esprit général. Si certains, comme un restaurateur tenace, espèrent une prolongation de la trêve, convaincus que les belligérants souhaitent éviter une nouvelle escalade, la majorité des habitants gardent à l’esprit le souvenir des conflits passés et les pertes subies. La ville, marquée par des décennies de violences cycliques, semble retenir son souffle, dans l’attente du prochain chapitre d’une histoire dont elle ne maîtrise pas le récit.
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