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L’heure du sursaut face aux puissances prédatrices

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Amnesty International dresse un constat sévère de la lâcheté des gouvernements et appelle à une résistance collective face à la dérive autoritaire de plusieurs grandes puissances.

Dans son rapport annuel, l’organisation dénonce une année marquée par l’action de chefs d’État qualifiés de prédateurs, dont les stratégies de domination sapent délibérément l’ordre international établi après 1945. Le document pointe une tendance globale où la force brute se substitue progressivement au dialogue diplomatique, avec des conséquences dramatiques pour les droits fondamentaux.

La secrétaire générale d’Amnesty International a cité nommément les trajectoires des administrations américaine, russe et israélienne. Elle accuse ces dernières d’avoir poursuivi en 2025 des politiques fondées sur la coercition, la répression et le recours à la violence à grande échelle. Le rapport énumère une série d’actes condamnables, des homicides extrajudiciaires commis par Washington au-delà de ses frontières à la poursuite, selon ses termes, d’un génocide à Gaza malgré les engagements de cessez-le-feu.

L’analyse souligne une vision du monde partagée, décrite comme profondément raciste et patriarcale, qui aurait guidé des actions visant à démanteler des décennies de progrès en matière de droits des femmes. Face à cette offensive, la réaction de la communauté internationale est jugée globalement timorée, voire complice par son inaction. Les dirigeants européens sont particulièrement visés pour leur manque de courage politique.

Les institutions multilatérales subiraient les assauts les plus graves depuis leur création. Les sanctions américaines contre des magistrats de la Cour pénale internationale et les retraits unilatéraux de traités fondamentaux illustrent cette érosion. Le conflit au Moyen-Orient est présenté comme un exemple symptomatique de ce glissement vers l’illégalité, depuis les frappes initiales jusqu’aux représailles.

Le document détaille par ailleurs des situations de crises oubliées, comme au Myanmar où l’armée utilise des méthodes de guerre d’une brutalité inédite contre les civils, ou au Soudan, théâtre de sièges meurtriers et de violences sexuelles systématiques. Quelques lueurs d’espoir sont néanmoins relevées, à l’image de la mobilisation de dockers pour entraver les livraisons d’armes ou de la création de juridictions spéciales pour juger les crimes de guerre.

L’appel final est sans équivoque. Il exhorte les États, les organisations internationales et la société civile à rejeter toute complaisance et à organiser une résistance collective. Le moment est décrit comme critique, un point de bascule où l’acquis de près d’un siècle de construction juridique et humanitaire risque de s’effondrer. Le refus récent de certains pays européens de s’associer à des opérations militaires est perçu comme le signe précurseur d’un nécessaire sursaut.

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