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Le secteur privé de l’ambulance en arrêt de travail pour alerter sur sa fragilité
Deux syndicats majeurs mobilisent leurs adhérents ce mercredi, avec des modalités de grève distinctes, pour dénoncer une situation économique jugée intenable et une réforme contestée de l’organisation des secours.
Le transport sanitaire privé connaîtra des perturbations significatives ce mercredi en raison d’un double appel à la grève. Les deux principales organisations professionnelles du secteur, la Chambre nationale des services d’ambulances et la Fédération nationale de la mobilité sanitaire, ont en effet décidé d’une journée de mobilisation. Si l’objectif commun est d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur les difficultés rencontrées par la profession, les modalités d’action diffèrent sensiblement.
La première organisation, représentant la majorité des entreprises, invite ses adhérents à suspendre, de neuf heures à vingt heures, une partie de leurs activités. Seules les interventions relevant de l’urgence vitale seraient maintenues. Cette décision devrait entraîner l’annulation de nombreux transports de patients, notamment pour les retours d’hospitalisation, avec pour conséquence probable des désorganisations au sein des établissements de santé. Les responsables syndicaux anticipent un taux de participation élevé à ce mouvement.
Cette action vise principalement à dénoncer l’insuffisance des tarifs de prise en charge par l’Assurance maladie, jugés inadaptés à la hausse des coûts de fonctionnement. Les ambulanciers privés intervenant à la demande du Samu pour des missions de secours d’urgence seraient particulièrement pénalisés, la rémunération horaire ne couvrant pas, selon eux, les frais engagés pour le personnel, le véhicule et le matériel. La profession alerte sur une fragilisation croissante du tissu entrepreneurial, évoquant une multiplication des défaillances d’entreprises depuis le début de l’année. Elle réclame en conséquence l’ouverture de négociations tarifaires et le déblocage de fonds d’urgence.
De son côté, la seconde fédération syndicale axe sa mobilisation sur une opposition à un volet du projet de loi de décentralisation. Ce texte prévoit en effet de confier aux préfets la responsabilité de l’organisation des transports sanitaires d’urgence. Les professionnels redoutent que cette mesure ne marginalise l’expertise médicale au profit d’une logique purement administrative ou sécuritaire, et regrettent de n’avoir pas été associés à la réflexion en amont. En signe de protestation, ils appellent leurs membres à se retirer des tableaux de garde départementaux, ces dispositifs qui mettent des moyens ambulanciers à la disposition du Samu.
Les deux organisations doivent être reçues ce mercredi au ministère de la Santé pour exposer leurs revendications respectives. Cette double mobilisation, aux motifs complémentaires, illustre les tensions persistantes qui traversent un secteur essentiel de la chaîne des soins, confronté à des défis à la fois économiques et organisationnels.
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