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Économie

La France accélère son réarmement face à la menace russe

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Le gouvernement présente ce mercredi une actualisation substantielle de la loi de programmation militaire, injectant des dizaines de milliards d’euros supplémentaires pour renforcer les capacités de combat des armées dans un contexte sécuritaire dégradé.

L’exécutif soumet ce jour en Conseil des ministres un projet de loi visant à réviser à la hausse les crédits de défense pour la période 2024-2030. Cette actualisation, prévue par le texte initial adopté fin 2023, répond à l’impératif d’une accélération du rééquipement des forces face à la montée des tensions géostratégiques en Europe. L’objectif affiché est de garantir la crédibilité opérationnelle des armées françaises et de les préparer à un éventuel engagement de haute intensité dans un horizon de trois à quatre ans.

Le projet prévoit un supplément de 36 milliards d’euros par rapport à l’enveloppe initiale de 413 milliards. Le budget annuel de la défense devrait ainsi atteindre 76,3 milliards d’euros en 2030, représentant alors 2,5% du produit intérieur brut. Cette trajectoire budgétaire ascendante contraste avec les années précédentes, marquées par une relative stagnation des dépenses militaires après la fin de la Guerre froide.

Les enseignements tirés des conflits contemporains, notamment en Ukraine et au Moyen-Orient, ont conduit à une réorientation des priorités. Une part significative des nouveaux crédits, soit 8,5 milliards d’euros, sera allouée au renforcement des stocks de munitions de tous types. Les prévisions d’acquisition sont considérablement revues à la hausse, avec des augmentations pouvant atteindre 400% pour certaines catégories de missiles et d’obus, afin de pallier les insuffisances chroniques des dernières décennies.

Le domaine des drones bénéficiera également d’un effort accru, avec deux milliards d’euros supplémentaires portant l’investissement total à 8,6 milliards. Les armées verront par ailleurs leurs capacités de défense aérienne et antimissile renforcées par l’acquisition de nouveaux systèmes, de radars spécialisés et de canons de protection. Un programme de missile balistique conventionnel de longue portée sera lancé, tandis que les dépenses consacrées à l’espace militaire augmenteront de 4,2 milliards d’euros.

Cette révision ne modifie pas le format global des armées, qui reste fixé à 210 000 militaires d’active. Elle s’accompagne en revanche de dispositions législatives touchant à la protection des infrastructures critiques, au contrôle des publications d’anciens agents des services de renseignement et au cadre du futur service national. Le texte doit désormais être examiné par le Parlement, avec l’ambition d’une adoption avant la fin de la session estivale.

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