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Faits Divers

Patrick Balkany dénonce une justice qu’il estime dérisoire à l’ouverture de son procès

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_**L’ancien édile de Levallois-Perret a qualifié la procédure de « parodie » devant le tribunal de Nanterre, où il est jugé pour des faits de détournements de fonds publics. La défense avait préalablement vainement demandé l’annulation des poursuites.**_

Vêtu d’un costume sombre et d’une cravate bleue, Patrick Balkany a fait son retour en audience ce mardi. L’ancien maire de Levallois-Perret, âgé de 77 ans, comparaît pour une affaire de détournement de fonds publics. Dès l’ouverture des débats, son conseil, Me Robin Binsard, a immédiatement tenté de faire renvoyer l’audience en invoquant un mouvement de grève local du barreau. Cette requête a été rejetée sans délai par la présidente de la cour.

L’avocat a ensuite sollicité la nullité de l’intégralité de la procédure. Il a dénoncé des délais qu’il a jugés excessifs, évoquant une instruction ouverte il y a une décennie et marquée, selon lui, par de longues périodes d’inactivité. Me Binsard a particulièrement insisté sur le décès en août 2020 de Renaud Guillot-Corail, ancien directeur du développement économique de la ville, qui n’a jamais été entendu par les enquêteurs. La défense y a vu un élément rendant le procès inéquitable.

Le parquet a fermement contesté cette analyse. La magistrate a estimé que la défense cherchait à exercer une pression indue sur le tribunal. Elle a rappelé que la jurisprudence européenne ne permettait pas, à elle seule, d’annuler une procédure pour cause de durée. La cour a finalement décidé de joindre cet incident préjudiciel au fond de l’affaire.

C’est alors que Patrick Balkany a pris la parole. Depuis la barre, il a exprimé son incompréhension et son irritation. « Je trouve cela invraisemblable de me retrouver ici, face à cette parodie de justice », a-t-il déclaré. L’ancien élu a même cité une formule attribuée à Georges Pompidou, « Arrêtons d’emmerder les Français », pour souligner son exaspération.

Le cœur du dossier concerne le fonctionnement de l’association communale Codeeil. Les magistrats soupçonnent que cette structure, présentée comme un simple satellite de la mairie, ait servi à maintenir la rémunération de M. Guillot-Corail après son départ à la retraite en 2012. Cette rémunération, d’un montant total de 855 000 euros, aurait été financée par des subventions municipales.

L’ancien maire a vigoureusement rejeté ces accusations. Il a qualifié la situation de « carnavalesque », arguant que la justice jugeait aujourd’hui le travail d’une personne disparue. Il a affirmé ne s’être « jamais occupé de cette association » et a salué le travail « considérable » de son ancien collaborateur, notamment dans l’attraction d’investisseurs étrangers et la coopération avec le continent africain. Patrick Balkany a ajouté que le salaire perçu était justifié au regard des missions accomplies.

Interpellé par la présidente sur l’autonomie réelle de l’association, décrite comme « proche de zéro » par d’anciennes collaboratrices lors de l’instruction, le prévenu a opposé une défense fondée sur la contradiction des politiques publiques. Il a fait remarquer que des ministres prônent le travail après la retraite, tandis que la justice le poursuivrait pour avoir, selon l’accusation, employé un retraité. « Il vous a fallu des années pour me dire cela », a-t-il lancé à l’adresse de la cour. Les débats sur le fond se poursuivent.

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