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Culture

Ugo Bienvenu, l’artisan du cinéma qui défie l’intelligence artificielle

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_**À la veille de la cérémonie des Oscars, le réalisateur français, en lice avec son film d’animation « Arco », exprime une inquiétude profonde sur l’emprise croissante des technologies génératives dans la création artistique.**_

Le cinéaste et auteur de bande dessinée livre un plaidoyer pour la préservation de l’imagination humaine, qu’il considère menacée par la généralisation de ces outils. Son premier long métrage d’animation, entièrement réalisé en dessin traditionnel, explore justement un futur utopique où l’humanité a renoué avec la nature, loin des univers numériques omniprésents. Pour lui, ce choix esthétique est un acte de résistance et une proposition d’alternative adressée aux nouvelles générations.

Il rejette fermement l’idée selon laquelle l’intelligence artificielle serait un simple instrument au service des artistes. Il y voit plutôt un risque de dépossession, une facilité qui, à terme, pourrait atrophier la capacité créatrice. Selon lui, le processus artisanal, avec ses erreurs et ses tâtonnements, est essentiel pour accéder à une forme de vérité intime et nourrir l’inconscient. L’automatisation de la création lui apparaît comme une impasse, tant pour la qualité des œuvres que pour l’équilibre psychique des créateurs.

Cette position le place en décalage avec l’évolution récente des règles de l’Académie des arts et des sciences du cinéma, qui a intégré l’usage de l’intelligence artificielle dans son cadre éligible aux récompenses, à condition que l’intention humaine reste au cœur du projet. Plusieurs films en lice ces dernières années ont ainsi eu recours à ces technologies, notamment pour des ajustements visuels ou sonores, sans que cela n’entrave leur reconnaissance.

Lors des récentes rencontres entre nommés, le réalisateur a toutefois perçu un scepticisme partagé parmi ses pairs, malgré les discussions omniprésentes sur le sujet. Il évoque un sentiment de pression, comme si cette évolution technique était imposée au secteur, alors que beaucoup manifesteraient, selon lui, une réticence de fond à l’utiliser. Cette appréhension rejoint les prises de position publiques de nombreuses figures du cinéma, qui ont dénoncé les pratiques de certaines entreprises spécialisées, les accusant de s’approprier illégitimement le travail d’artistes.

Au-delà des questions éthiques et esthétiques, Ugo Bienvenu pointe également un enjeu environnemental et social. Il souligne le coût écologique substantiel de l’entraînement des modèles d’intelligence artificielle, en particulier leur consommation massive en eau et en énergie. Il craint par ailleurs une forme de décrochage culturel, où une partie du public se verrait proposer un divertissement standardisé et artificiel, creusant un fossé avec les œuvres issues d’une démarche humaine authentique. Pour encadrer cette expansion, il avance l’idée d’une taxation des ressources utilisées, afin de refléter son véritable impact et de rétablir un certain équilibre.

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