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La Suisse réduit sa commande de F-35 face à la hausse des coûts

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Le gouvernement alpin ajuste son programme de modernisation de l’armée de l’air, passant de 36 à 30 appareils, et envisage de nouvelles mesures de financement pour sa défense.

Berne revoit à la baisse ses ambitions en matière d’acquisition d’avions de combat. Initialement prévue pour porter sur trente-six appareils F-35A, la commande suisse pourrait finalement se limiter à une trentaine d’unités. Cette décision fait suite à une réévaluation à la hausse des coûts par le fournisseur américain, invoquant l’inflation et l’évolution du prix des matières premières.

L’enveloppe de six milliards de francs suisses, approuvée par référendum en 2020 pour remplacer la flotte vieillissante de F/A-18 et F5, s’avère en effet insuffisante. Le ministre de la Défense a indiqué qu’un crédit supplémentaire de près de 1,1 milliard aurait été nécessaire pour honorer le contrat initial, une option que l’exécutif a écartée. Un montant additionnel de 394 millions de francs est toutefois demandé pour permettre l’acquisition d’environ trente avions, le chiffre définitif devant être confirmé après les ultimes négociations avec Washington.

Cette annonce intervient dans un contexte où la Suisse estime ses besoins réels en matière de défense aérienne entre cinquante-cinq et soixante-dix avions de combat modernes. Elle a également relancé le débat politique sur le choix du F-35, certains partis appelant à privilégier une alternative européenne. Le gouvernement maintient sa position, rappelant que l’appareil américain avait été sélectionné pour son rapport performance-prix et sur la base d’assurances contractuelles initiales concernant la stabilité de son coût.

Parallèlement, face à un environnement stratégique jugé plus instable, les autorités helvétiques annoncent leur intention de renforcer leurs capacités de défense antiaérienne à longue portée. L’objectif est de se doter d’un système complémentaire au Patriot, déjà commandé, de préférence d’origine ou d’assemblage européen afin de diversifier les sources d’approvisionnement.

Pour financer ce vaste plan de modernisation, évalué à 31 milliards de francs, le Conseil fédéral propose la création d’un fonds dédié à l’armement. Son financement reposerait sur une hausse temporaire de la taxe sur la valeur ajoutée de 0,8 point pendant une décennie, combinée à une partie du budget ordinaire de l’armée. Une modification constitutionnelle, qui pourrait être soumise au vote populaire à l’été 2027, serait nécessaire pour mettre en œuvre cette mesure fiscale.

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