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Les territoires d’outre-mer disposent désormais de projections climatiques sur mesure

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Pour la première fois, les régions ultramarines françaises bénéficient de modélisations à haute résolution détaillant l’évolution de leur climat. Ces données cruciales doivent guider les politiques locales d’adaptation face au réchauffement.

Météo-France a rendu publiques ce lundi des projections climatiques régionalisées inédites pour l’ensemble des territoires d’outre-mer. Ces simulations à fine échelle, attendues de longue date, fournissent des indicateurs précis sur les horizons 2030, 2050 et 2100. Elles s’inscrivent dans le cadre de la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC), qui anticipe une hausse des températures de +4°C en métropole à la fin du siècle.

Les résultats, désormais accessibles sur le portail DRIAS, viennent combler un déficit d’informations pour ces régions. Les données concernant les Antilles viennent s’ajouter à celles déjà publiées pour La Réunion, Mayotte, la Guyane et la Nouvelle-Calédonie. Les projections pour les îles les plus peuplées de Polynésie française seront quant à elles disponibles d’ici la fin du mois de mars.

Les chiffres révélés appellent à une vigilance accrue. À Mayotte, où le réchauffement pourrait atteindre +3°C, le nombre de jours annuels avec des maximales supérieures à 32°C passerait d’une trentaine actuellement à environ deux cents d’ici 2100. En Guyane, les nuits où le thermomètre ne descendrait pas sous les 24°C, aujourd’hui moins de dix par an et cantonnées au littoral, pourraient se multiplier pour atteindre 230. La Guadeloupe connaîtrait, elle, entre 85 et 90 journées très chaudes (33°C ou plus) par an, contre seulement trois à cinq aujourd’hui.

Ces évolutions interviennent malgré un réchauffement global projeté légèrement inférieur à celui de l’Hexagone. Selon les simulations, la hausse des températures varierait de +2,3°C en Polynésie française à +3,5°C en Guyane d’ici la fin du siècle, par rapport à l’ère préindustrielle. Pour les Antilles françaises, les augmentations sont estimées à +1,4°C d’ici 2030, +1,9°C en 2050 et +2,7°C en 2100. Les experts soulignent que cette atténuation relative ne doit pas masquer l’urgence de la situation, les impacts locaux demeurant particulièrement sévères.

La réalisation de ces projections a représenté un travail considérable. Une équipe de quarante personnes a œuvré pendant dix-huit mois, mobilisant d’importantes ressources de calcul sur les supercalculateurs de Météo-France. Cette initiative marque une étape importante pour des territoires qui étaient jusqu’alors moins bien couverts par les exercices de modélisation climatique.

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