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L’affaire Bétharram s’étend en Côte d’Ivoire, une enquête indépendante redoute de nombreuses victimes

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Une commission d’enquête mandatée en France a entamé des investigations en Afrique. Ses premiers constats, établis à Abidjan, laissent présager un nombre élevé de personnes affectées par des agissements attribués à des membres de la congrégation.

Les ramifications du scandale touchant la congrégation française de Bétharram dépassent largement les frontières de l’Hexagone. Une mission exploratoire s’est récemment rendue en Côte d’Ivoire, où la communauté religieuse est implantée depuis la fin des années 1950. Les premières auditions y ont révélé des témoignages convergents, faisant état de violences sexuelles imputées à un prêtre aujourd’hui décédé, le père Bénat Ségur, qui a œuvré dans le pays à deux reprises.

Six personnes, de nationalité ivoirienne ou originaires de ce pays, ont d’ores et déjà relaté des faits d’agression. L’une d’entre elles a déposé une plainte en France, une procédure classée sans suite en raison de la prescription des faits et du décès du religieux concerné. Les enquêteurs estiment cependant que ce chiffre n’est que la partie émergée d’un phénomène plus vaste. Les récits recueillis font systématiquement écho à un même refrain, selon lequel les actes dénoncés n’auraient pas touché un individu isolé.

Le contexte local complique considérablement la libération de la parole. Les enquêteurs relèvent une forme d’autorité renforcée du clergé, héritée en partie de la période postcoloniale, qui a pu décourager les potentielles victimes de se manifester. Celles-ci évoquent la difficulté, voire l’impossibilité, de porter accusation contre un prêtre, un homme blanc, par crainte de ne pas être crues ou d’être stigmatisées en retour. Les autorités religieuses ivoiriennes contactées ont indiqué n’avoir eu connaissance d’aucun signalement.

La commission, financée par la congrégation mais pilotée de manière indépendante par un institut spécialisé dans la justice restaurative, préconisera très probablement l’ouverture d’une enquête approfondie sur les activités de Bétharram en Côte d’Ivoire. Son champ d’investigation pourrait s’étendre à d’anciennes colonies françaises en Afrique, où la congrégation a également été active. Les victimes ivoiriennes qui se manifesteront pourront, à l’instar de celles reconnues en France, prétendre à une indemnisation via un dispositif spécifique.

Les premiers éléments recueillis décrivent des méthodes d’approche similaires à celles identifiées en France, marquées par une implication appuyée du religieux dans des activités de loisirs pour la jeunesse, créant un climat de confiance propice à des passages à l’acte. Les témoignages font état d’attouchements répétés et, dans certains cas, de tentatives de viol. La mission a par ailleurs été informée de la présence passée d’un ressortissant français résidant à proximité du siège ivoirien de la congrégation avec de jeunes garçons, une piste qui nécessitera des vérifications complémentaires.

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