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Économie

Reprise des Papeteries Condat, un tournant douloureux pour la Dordogne

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_**L’annonce d’une reprise industrielle s’accompagne du départ de la quasi-totalité des effectifs historiques, cristallisant les défis d’un secteur en pleine mutation.**_

Le tribunal de commerce de Bordeaux a validé lundi l’offre de reprise des Papeteries Condat, un site industriel emblématique de Dordogne. Le repreneur, Condat Solutions, filiale de la Société de participation de la Braye, acquiert les actifs pour un million d’euros. Cette opération, présentée comme un projet de réindustrialisation, s’accompagne cependant d’un plan de licenciement concernant près de neuf salariés sur dix, soit environ cent soixante-quinze personnes. Seule une vingtaine d’emplois seront conservés.

Cette décision intervient après une période de difficultés financières ayant conduit à une procédure de redressement judiciaire l’an dernier. Le site, qui appartenait au groupe espagnol Lecta, avait déjà connu une réduction drastique de ses effectifs en 2023. Pour les représentants du personnel, cette issue est vécue comme un profond échec social, mettant en lumière la difficulté de reconversion pour une main-d’œuvre souvent très ancienne dans l’entreprise.

Le nouveau propriétaire envisage une transformation radicale des activités. Il projette d’investir plusieurs centaines de millions d’euros pour développer sur place une production multi-sectorielle, incluant des matériaux décarbonés pour l’industrie, des substituts bas carbone pour la cosmétique, ou encore un centre de calcul dédié à l’intelligence artificielle. L’objectif affiché est la création, à terme, de trois cents emplois.

Les élus locaux, tout en déplorant les suppressions d’emplois immédiates, espèrent que ces promesses d’investissement se concrétiseront pour redynamiser le territoire. L’usine du Lardin-Saint-Lazare, fondée au début du XXe siècle, fut longtemps le premier employeur privé du département, comptant jusqu’à mille deux cents salariés à son apogée.

Cette situation reflète les profondes turbulences que traverse la filière papetière française. Celle-ci subit de plein fouet la concurrence internationale, la transition numérique et la hausse des coûts de l’énergie. Depuis vingt ans, la production et la consommation de papier ont significativement reculé dans le pays, entraînant la fermeture de nombreux sites et la perte d’un quart des emplois du secteur. Plusieurs autres usines, ailleurs en France, sont actuellement en grande difficulté, obligeant parfois l’État à envisager des soutiens sous conditions.

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