Planète
Golfe de Gascogne : un troisième hiver sans pêche pour protéger les dauphins
La mesure, jugée efficace pour limiter les captures accidentelles de cétacés, est reconduite jusqu’au 20 février. Le secteur de la pêche dénonce un manque de perspectives, tandis que les associations environnementales réclament son extension.
Pour la troisième année consécutive, une suspension temporaire de l’activité de pêche est mise en place dans le golfe de Gascogne. Cette décision, entérinée jeudi, concerne jusqu’au 20 février près de trois cents navires de plus de huit mètres, qui bénéficient d’une compensation financière publique couvrant 80% de leur chiffre d’affaires. L’objectif affiché est de réduire la mortalité des dauphins communs, régulièrement victimes de prises accessoires dans les engins de pêche.
L’efficacité de cette fermeture hivernale est reconnue par les autorités, qui estiment qu’elle permet d’éviter environ 60% des captures accidentelles. Les derniers chiffres de l’observatoire Pelagis font état de 1 900 dauphins échoués sur la façade atlantique entre décembre 2024 et mars 2025, un nombre en nette baisse par rapport à la moyenne annuelle de 4 700 enregistrée sur la période 2017-2023. Malgré ce résultat, le gouvernement souligne que cette mesure ne constitue pas une solution pérenne et que son maintien au-delà de la période initialement prévue de trois ans n’est pas acté.
Cette incertitude nourrit l’inquiétude des professionnels. Les représentants de la filière expriment un sentiment de résignation face à une situation qui prive les équipages d’une partie essentielle de leur activité saisonnière. L’indemnisation totale, incluant les mareyeurs, a représenté vingt millions d’euros l’hiver dernier. Certains pêcheurs redoutent désormais que cette interruption ne se prolonge indéfiniment en l’absence d’alternatives techniques pleinement opérationnelles.
De leur côté, des organisations de défense de l’environnement considèrent que les efforts engagés restent insuffisants. S’appuyant sur la législation européenne de protection des espèces, elles ont déposé un recours devant la justice administrative pour demander un allongement significatif de la période de fermeture. Elles arguent que le pic de mortalité des cétacés se déplace et réclament une interdiction de trois mois en hiver et d’un mois en été. Le gouvernement s’est toutefois déclaré opposé à une telle extension.
La recherche de solutions techniques, comme les répulsifs acoustiques ou les caméras de surveillance, se poursuit sans qu’aucun dispositif ne permette encore de concilier pleinement la préservation des cétacés et la viabilité économique de la pêche. Le comité national des Pêches maritimes appelle à une nouvelle phase fondée sur l’évaluation des mesures existantes et le déploiement d’options durables, affirmant que cette fermeture récurrente ne saurait devenir la norme. L’issue des contentieux en cours et les conclusions attendues du Conseil d’État dessineront le cadre réglementaire des prochaines saisons.
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