Politique
L’avenir calédonien se joue à Paris en l’absence des indépendantistes kanaks
Le président de la République a engagé un nouveau cycle de discussions sur le statut de l’archipel, marqué par le refus du FLNKS de participer aux pourparlers. La recherche d’un consensus institutionnel se poursuit dans un contexte de fortes tensions.
Emmanuel Macron a présidé ce vendredi à l’Élysée l’ouverture de négociations sur l’évolution institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie. Le chef de l’État a affirmé sa volonté de progresser, tout en excluant toute approche autoritaire comme toute forme d’immobilisme. Cette démarche se déroule cependant sans la présence du Front de libération nationale kanak et socialiste, principale formation indépendantiste, qui a décliné l’invitation à se rendre à Paris.
Le président a exprimé ses regrets concernant cette absence, tout en saluant la participation des autres délégations, dont il a souligné le courage. L’objectif affiché de cette séquence est de donner des suites concrètes à l’accord conclu à Bougival en juillet dernier. Ce texte, qui prévoit la création d’un État calédonien associé à la République française, avait été initialement paraphé par les différentes parties, avant d’être rejeté par la base militante du FLNKS.
Les discussions portent désormais sur les clarifications à apporter à cet accord afin de lui assurer une assise plus large. Plusieurs responsables politiques loyalistes présents à la réunion ont insisté sur l’urgence de la situation, évoquant une alternative entre la progression et l’enlisement. La question épineuse du corps électoral, dont la réforme est réclamée par les non-indépendantistes avant les prochaines élections provinciales, figure parmi les principaux points de désaccord.
L’exécutif français table sur la possibilité de parvenir à un compromis soutenu par une large majorité des élus du Congrès calédonien. La voie pour y parvenir reste néanmoins étroite. Tout accord devra en effet être intégré dans un projet de révision constitutionnelle, puis obtenir une majorité qualifiée au Parlement réuni en Congrès, un seuil dont l’atteinte n’est pas acquise.
En parallèle de ces discussions politiques, des travaux techniques doivent se tenir ce week-end au ministère des Outre-mer pour préciser certains aspects de l’accord, notamment ceux relatifs à l’identité kanak et à l’exercice des compétences souveraines. Le calendrier institutionnel reste suspendu à l’issue de ces consultations, les élections provinciales pouvant être reportées à l’automne prochain.
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