Économie
L’Europe franchit le cap du Mercosur, Paris isolé
Malgré l’opposition déterminée de la France et une contestation agricole qui s’étend, l’Union européenne a approuvé l’accord de libre-échange avec le bloc sud-américain. La ratification finale revient désormais au Parlement européen, où la bataille politique s’annonce serrée.
Après un quart de siècle de pourparlers, les États membres de l’Union européenne ont donné leur assentiment à la conclusion d’un pacte commercial avec les pays du Mercosur. Cette décision, intervenue ce vendredi, marque une étape décisive vers la création d’une vaste zone d’échanges regroupant plus de sept cents millions de consommateurs. Elle survient dans un contexte de fortes tensions, alors que le secteur agricole européen manifeste son inquiétude depuis plusieurs semaines.
La présidente de la Commission européenne a salué un moment historique pour les relations entre les deux continents, exprimant son impatience de parapher le texte. Du côté sud-américain, le ministre des Affaires étrangères du Paraguay a pour sa part souligné le caractère équilibré du compromis, fruit de longues années de discussions souvent difficiles. La signature officielle est attendue dans les prochains jours au Paraguay.
Cet aval des capitales européennes ne constitue cependant pas l’ultime étape. Le traité doit encore être soumis au vote des eurodéputés, probablement au cours du premier trimestre de l’année. La ministre française de l’Agriculture a immédiatement rappelé le rôle déterminant que jouera l’assemblée strasbourgeoise dans ce processus. Le principal syndicat agricole français a d’ores et déjà annoncé un rassemblement de grande ampleur devant le siège du Parlement européen le 20 janvier prochain.
La mobilisation des agriculteurs ne faiblit pas sur le terrain. Des actions de blocage ont été menées ces dernières heures en Pologne, en Italie et en France. Dans l’Hexagone, des convois de tracteurs ont perturbé la circulation sur plusieurs axes frontaliers et des manifestants se sont rassemblés à Paris pour dénoncer, outre l’accord commercial, le coût des intrants et la gestion sanitaire des élevages.
L’approbation de l’accord a été rendue possible par le soutien crucial de l’Italie, permettant de dégager une majorité qualifiée au Conseil. Le gouvernement italien met en avant un équilibre entre les avantages pour l’industrie et les protections accordées au monde agricole. L’Allemagne y voit quant à elle un signal positif pour son secteur automobile, confronté à des défis internationaux. En revanche, la France, rejointe par l’Autriche, la Pologne, l’Irlande et la Hongrie, a maintenu son opposition, qualifiant le texte de dépassé.
Les critiques pointent les risques de distorsion de concurrence pour les producteurs européens, face à des importations de viande, de sucre ou de soja soumises à des contingents tarifaires. Ses défenseurs estiment au contraire que le pacte stimulera l’économie européenne et renforcera son autonomie stratégique, un argument repris par le gouvernement espagnol. Près de cent cinquante eurodéputés ont d’ailleurs saisi la justice européenne dans l’espoir de suspendre la procédure.
La perspective d’un retour de Donald Trump à la Maison Blanche a servi d’argument supplémentaire aux partisans de l’accord, soucieux de diversifier les partenariats commerciaux de l’Union. Pour apaiser les craintes, la Commission a multiplié les garanties ces derniers mois, notamment sur la protection des marchés les plus sensibles. Des assurances renforcées, validées par les Vingt-Sept, n’ont pourtant pas suffi à calmer la colère.
En France, la position du gouvernement, déjà fragilisé par l’instabilité politique, est apparue fluctuante. Après avoir jugé le texte inacceptable en l’état, l’exécutif a finalement dû composer avec une pression parlementaire intense, la majorité de droite menaçant de renverser le cabinet en cas de soutien à l’accord. L’extrême droite et la gauche radicale ont annoncé le dépôt de motions de censure, aux issues incertaines.
La signature imminente de ce traité commercial contre l’avis de la première puissance agricole européenne constitue une situation exceptionnelle. Si Paris met en avant les concessions arrachées durant les négociations, certains observateurs y voient un revers diplomatique pour la France, dont l’influence au sein de l’Union semble mise à l’épreuve.
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