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Économie

Fermeture programmée de l’usine Dumarey Powerglide à Strasbourg

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_**La cessation d’activité du site alsacien, annoncée pour 2026, se traduira par la suppression de plus de trois cents postes, dans un contexte de profonde mutation du secteur automobile.**_

L’équipementier Dumarey Powerglide Strasbourg (DPS) a confirmé son intention de cesser définitivement ses opérations d’ici la fin de l’année 2026. Cette décision entraînera la suppression des 320 emplois encore présents sur le site. La direction a présenté ce projet aux instances représentatives du personnel, évoquant un choix particulièrement ardu au vu de ses conséquences sociales.

La fermeture fait suite à la résiliation anticipée, par le client principal ZF, d’un contrat portant sur des transmissions automatiques. Cet arrêt brutal des commandes, intervenu à partir de 2024, a provoqué un effondrement du chiffre d’affaires de l’entreprise, estimé à une baisse de 85 pour cent. La situation financière, déjà fragilisée par un plan de sauvegarde de l’emploi ayant réduit les effectifs de 234 personnes l’an dernier, est devenue intenable.

Un calendrier de départs a été esquissé, avec une première vague d’une centaine de salariés concernés dès le mois de juin, suivie d’environ deux cents autres en août. Les derniers départs interviendraient à la clôture du site. Les syndicats dénoncent un impact social considérable, pointant la difficulté pour les précédents licenciés de retrouver un emploi dans des délais jugés trop courts.

La direction justifie cette issue par l’impossibilité de compenser la perte du volume d’affaires lié à ZF, malgré des investissements substantiels consentis il y a quatre ans pour diversifier la clientèle et accompagner la transition vers l’électrique. Les volumes de production escomptés ne se sont pas matérialisés, les commandes restant très en deçà des capacités installées.

En interne, des voix s’élèvent pour critiquer une gestion stratégique jugée défaillante, notamment dans l’anticipation des évolutions du marché. Les représentants du personnel estiment que l’entreprise n’a pas su saisir à temps les transformations du secteur, la laissant vulnérable au retrait de son principal donneur d’ordre. Les tentatives de reconversion, notamment vers des activités d’armement via un rapprochement avec le groupe Lohr, n’ont pas abouti.

Ce cas s’inscrit dans un paysage industriel automobile européen en pleine turbulence, où de nombreux équipementiers font face à une baisse de la demande et à une concurrence accrue. L’usine strasbourgeoise, qui employait plus de 2 500 personnes à son apogée sous l’ère General Motors, marque ainsi la fin d’une longue histoire industrielle dans le bassin d’emploi local.

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