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Économie

Un projet de protection de l’eau dans l’Ouest bloqué par la colère agricole

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La révision d’un schéma de gestion de l’eau pour le bassin de la Vilaine, destiné à améliorer une qualité très dégradée, a été suspendue après l’annulation d’un vote crucial, perturbé par des actions de protestation.

La recherche d’un équilibre entre activité économique et préservation de la ressource en eau connaît un nouvel accroc dans l’Ouest de la France. Une commission locale devait se réunir pour entériner la révision du Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) du bassin de la Vilaine, un document cadre qui engage six départements. Après trois années de concertation et une quinzaine de réunions, cette ultime séance a dû être annulée, l’accès au lieu de rendez-vous étant physiquement obstrué.

Le point de crispation majeur réside dans une mesure visant à interdire l’usage d’herbicides pour la culture du maïs sur certaines parcelles jugées sensibles, situées à proximité de zones de captage d’eau potable. Cette disposition, présentée comme une première nationale, prévoit des dérogations et un accompagnement financier pour la transition vers le désherbage mécanique. Elle ne concernerait qu’une faible part de la surface agricole du territoire, mais symbolise pour une partie de la profession un durcissement réglementaire inacceptable.

En amont de la réunion, plusieurs centaines d’agriculteurs, principalement mobilisés par le syndicat majoritaire, ont convergé vers Châteaubourg avec leur matériel, avant de se rendre à Rennes. Des actions symboliques, comme l’épandage de fumier devant des institutions, ont été menées. La maire de Rennes a condamné ces dégradations et annoncé le dépôt d’une plainte. Face à cette mobilisation, une autre organisation syndicale agricole, ainsi que des associations environnementales et des élus locaux, défendent au contraire la nécessité du texte.

Les partisans du schéma révisé mettent en avant des impératifs de santé publique et environnementale, soulignant la médiocre qualité actuelle des masses d’eau et les coûts croissants de leur dépollution, actuellement supportés par les consommateurs. Ils appellent à une meilleure application du principe pollueur-payeur. Le report du vote final au mois de janvier laisse un délai supplémentaire pour tenter de dégager une issue, dans un climat marqué par des positions très polarisées. Les autorités préfectorales se disent confiantes dans la possibilité de trouver, à terme, un compromis acceptable.

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