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Économie

L’Assemblée valide le principe d’une nationalisation d’ArcelorMittal

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Les députés ont adopté l’article principal du texte porté par La France insoumise, marquant une étape décisive dans le débat sur l’avenir de la sidérurgie française, tandis que le gouvernement maintient son opposition à cette mesure.

L’hémicycle de l’Assemblée nationale a connu jeudi des échanges particulièrement animés autour de la proposition de loi visant à nationaliser la branche française d’ArcelorMittal. Les discussions se sont poursuivies tard dans la soirée, après l’adoption de l’article principal du texte qui acte le principe de cette nationalisation. Le dispositif prévoit un mécanisme d’évaluation de la valeur de l’entreprise, dont le coût est estimé à trois milliards d’euros.

Le vote a recueilli 113 suffrages favorables, émanant exclusivement des groupes de gauche. Les rangs de la majorité présidentielle, peu mobilisés, ont compté 36 voix contre. Le Rassemblement national s’est pour sa part abstenu, tandis que son allié de l’UDR a rejeté le texte. Les débats ont été marqués par des tensions entre les Insoumis et le RN, les premiers accusant les seconds de pratiquer l’obstruction parlementaire.

Les partisans de la nationalisation y voient l’unique moyen de préserver la filière sidérurgique et ses quinze mille emplois directs. Ils mettent en avant l’urgence de relancer la décarbonation des outils industriels, soulignant que la compétitivité de l’acier français serait compromise dès 2030 sans investissements massifs. La rapporteure du texte a insisté sur le caractère impératif de cette transformation, qui nécessiterait plusieurs années de travaux.

Le gouvernement maintient une position fermement opposée à ce projet. Le ministre de l’Industrie a estimé que cette mesure affaiblirait plutôt qu’elle ne protégerait l’emploi, pointant du doigt la concurrence asiatique qui inonde les marchés européens avec des produits à bas coût. L’exécutif privilégie une solution au niveau européen, rappelant que la France a obtenu un mécanisme de sauvegarde prévoyant des droits de douane pouvant atteindre cinquante pour cent sur les importations d’acier au-delà d’un certain volume.

Les socialistes, bien que préférant initialement un dispositif de tutelle publique, ont apporté leur soutien au texte, invoquant l’urgence de la situation. Les communistes ont vivement critiqué la position du RN, accusant le parti d’incohérence dans sa défense supposée de la souveraineté industrielle. Le Rassemblement national défend pour sa part l’idée d’une action spécifique de l’État, qui donnerait à ce dernier un droit de veto sur les décisions stratégiques sans impliquer une gestion directe de l’entreprise.

La journée s’est déroulée sous le regard attentif des salariés du groupe sidérurgique. Environ deux cents employés, convoyés en bus depuis les sites du Nord et de Moselle, ont manifesté leur soutien au projet de loi sur l’esplanade des Invalides, à proximité immédiate du Palais-Bourbon. Les syndicats entendent maintenir la pression politique dans les prochains jours, alors qu’un plan acier doit être examiné au Parlement européen début décembre. Les débats parlementaires devaient se poursuivre dans la soirée, avec un vote final attendu avant minuit.

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