Économie
Le Smic ne bénéficiera pas de revalorisation exceptionnelle en 2026
Le groupe d’experts chargé du salaire minimum a rendu son avis annuel, préconisant une augmentation limitée à 1,4%, soit environ 20 euros nets mensuels supplémentaires. Une proposition qui suscite des réactions mitigées parmi les salariés concernés.
Le comité consultatif du salaire minimum a présenté ses conclusions jeudi, recommandant une hausse mécanique du Smic sans majoration supplémentaire. Cette revalorisation automatique, calculée sur la base de l’inflation perçue par les ménages les plus modestes et de l’évolution du salaire horaire des ouvriers et employés, devrait s’établir autour de 1,4% au 1er janvier 2026. Les experts justifient cette position par le ralentissement observé sur le marché du travail, le niveau déjà élevé du Smic par rapport au salaire médian, ainsi que le coût des exonérations de charges sociales sur les bas salaires.
Si le gouvernement suit cet avis, le Smic mensuel net passerait de 1 426,30 euros à environ 1 446 euros. Pour certains salariés, cette augmentation apparaît insuffisante face à la hausse des dépenses courantes. Une auxiliaire de puériculture à Orléans souligne que ces vingt euros supplémentaires ne couvriront que l’équivalent de deux boîtes de lait par mois. Un vendeur en région parisienne estime quant à lui que cette somme ne permet pas de faire face aux imprévus.
Depuis sa mise en place en 2008, ce groupe d’experts n’a jamais préconisé de revalorisation dépassant le mécanisme automatique. La dernière majoration exceptionnelle du Smic remonte à juillet 2012. Les syndicats expriment des positions divergentes sur le sujet. La CFDT aurait souhaité un coup de pouce supplémentaire cette année, tandis que la CGT revendique un Smic porté à 2 000 euros brut.
Le rapport met en avant que le salaire minimum a progressé plus rapidement que l’inflation sur les cinq dernières années, contrairement à de nombreux salaires supérieurs qui n’ont pas encore retrouvé leur pouvoir d’achat d’avant la poussée inflationniste. Cette dynamique a contribué à resserrer l’éventail des rémunérations. Le président du comité d’experts rappelle que le Smic français est déjà l’un des plus proches du salaire médian en Europe.
Parmi les autres propositions figure une modification progressive du plafond des exonérations de charges patronales, qui pourrait être abaissé à deux fois le Smic. Une mesure qui générerait des économies estimées à six milliards d’euros, susceptibles d’être réorientées vers la prime d’activité. Le document souligne également la nécessité d’un suivi plus précis des aides sociales versées par les collectivités territoriales, dont les montants n’ont pas toujours suivi l’inflation.
La question salariale reste au cœur des préoccupations, comme en témoigne l’appel à une journée de grève et de manifestations le 2 décembre prochain, lancé par plusieurs organisations syndicales.
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