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Culture

Gianfranco Rosi dévoile sa méditation napolitaine

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Le cinéaste italien signe un portrait contemplatif de Naples, aboutissement de trois années d’immersion dans la cité portuaire.

Le réalisateur Gianfranco Rosi présente son nouveau long-métrage « Pompei, Sotto le Nuvole », troisième volet d’une trilogie consacrée aux réalités italiennes. Cette œuvre incarne une démarche cinématographique radicalement opposée aux canons du divertissement contemporain, privilégiant la lenteur et la nuance. Récompensé par le Prix spécial du jury à la Mostra de Venise, le film propose une exploration sensorielle de la ville napolitaine, filmée en noir et blanc et portée par la composition musicale de Daniel Blumberg.

L’artiste défend une conception du cinéma qui transcende les frontières traditionnelles entre documentaire et fiction. Il affirme ne pas établir de distinction essentielle entre ces deux formes d’expression, considérant son travail comme relevant purement du langage cinématographique. Cette approche lui a valu les plus hautes distinctions européennes, dont le Lion d’or vénitien et l’Ours d’or berlinois.

Sa méthode de création repose sur l’immersion prolongée dans les lieux qu’il filme. Pour cette dernière réalisation, il a séjourné trois années à Naples, arpentant la ville sans scénario préétabli, recueillant des fragments d’existence auprès d’habitants anonymes. Un professeur après sa journée de classe, un marin, des archéologues ou encore un opérateur du centre d’appels des pompiers composent cette mosaïque humaine soigneusement détachée des clichés habituels sur la cité.

Le cinéaste revendique le temps comme principal investissement artistique. Ses précédentes œuvres ont nécessité des périodes d’immersion tout aussi longues, comme ce séjour de deux ans dans une camionnette aux abords de Rome pour « Sacro GRA » ou plus de trois années passées aux confins de l’Irak et de la Syrie pour « Notturno ». Cette patience lui permet de capter ce qu’il nomme « la bonne lumière » et d’établir une relation de confiance avec les personnes filmées.

Refusant l’esthétique du documentaire moderne souvent caractérisée par la caméra à l’épaule et le ton urgent, Rosi adopte une mise en scène dépouillée. Plans fixes, absence de narration en voix off et suppression des interviews directes définissent son style résolument observationnel. Le film se construit comme une méditation sur la temporalité, reliant le Vésuve menaçant au passé antique enfoui et au présent tumultueux de la ville. Une réflexion sur la persistance de l’histoire et la complexité napolitaine, à mille lieues des représentations convenues.

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