Culture
Victor Le Masne, la voix comme instrument de mémoire
Le compositeur, directeur musical des cérémonies des Jeux de Paris 2024, signe un requiem laïque pour le dixième anniversaire des attentats du 13 novembre, privilégiant la puissance évocatrice des voix humaines.
Le compositeur Victor Le Masne assure la direction musicale des commémorations marquant les dix ans des attentats du 13 novembre. Cet artiste de quarante-trois ans, connu pour son éclectisme, a conçu spécialement pour cette cérémonie un requiem qui sera interprété en présence du chef de l’État au nouveau jardin mémoriel près de l’Hôtel de ville. L’ensemble des pièces musicales, dont il préfère taire certains détails, a été élaboré en concertation avec les associations de victimes afin de refléter au plus près leurs ressentis.
L’idée d’un requiem est née de sa volonté d’apporter une création inédite et vivante, dédiée à la mémoire des disparus. Il souligne la difficulté de trouver le juste équilibre entre retenue et solennité, évitant tout pathos excessif comme toute légèreté inappropriée. Pour lui, il s’agit d’évoquer des destins sans tomber dans le registre larmoyant.
Cette œuvre instrumentale et chorale, dépourvue de paroles, fait appel aux voix du chœur de la Maison de Radio France et à l’orchestre de la Garde républicaine. Le musicien y explore les codes du sacré et du liturgique tout en revendiquant une dimension laïque et universelle. Il explique avoir choisi la voix humaine comme vecteur principal, la considérant comme l’instrument le plus organique et le plus apte à traduire la vie.
Cette mission commémorative contraste avec son récent travail sur les cérémonies des Jeux olympiques, un écart qu’il assume pleinement. Il reconnaît que la composition d’un requiem dédié aux victimes a exigé une plongée dans des émotions profondes, loin de sa zone de confort habituelle. Pour lui, cette démarche est indispensable pour éviter une approche superficielle.
Parallèlement, Victor Le Masne publie un album de reprises de Ravel chez Deutsche Grammophon, à l’occasion des cent cinquante ans de la naissance du compositeur. Il confie une affection ancienne pour cette musique, découverte dans son enfance puis réécoutée avec un regard plus analytique à l’âge adulte. Son absence de snobisme artistique lui permet d’apprécier aussi bien les boîtes à rythmes que les formations symphoniques, cherchant toujours à éclairer les œuvres sous un jour nouveau tout en respectant leur essence.
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