Culture
Le Louvre déploie un plan de sécurisation après le vol des joyaux de la Couronne

Face aux critiques sur la gestion des risques, l’établissement muséal a présenté un dispositif d’urgence, mais les organisations syndicales dénoncent l’absence de renforts en personnel.
La direction du Louvre a dévoilé ce vendredi une série de mesures exceptionnelles destinées à renforcer la protection des collections, lors d’une session extraordinaire de son conseil d’administration. Cette réunion intervenait dans le sillage du dérobement de plusieurs pièces majeures du trésor national survenu le 19 octobre dernier. Le ministère de la Culture avait exigé cette convocation après avoir souligné une évaluation insuffisante des menaces pesant sur l’institution.
Parmi les annonces figure la création immédiate d’un poste de coordonnateur de la sûreté, directement rattaché à la présidence du musée. Cette fonction aura pour mission d’harmoniser les actions des différents services concernés. Le plan prévoit également l’installation prochaine de systèmes de contrôle à distance aux abords du palais, ainsi que le déploiement progressif de dispositifs de vidéosurveillance supplémentaires. Ces équipements visent à combler les lacunes constatées après l’intrusion diurne qui a permis le vol de huit joyaux historiques.
Les représentants du personnel ont accueilli ces orientations avec une réserve marquée, regrettant l’absence totale d’augmentation des effectifs dédiés à la surveillance. Les organisations syndicales persistent à alerter sur les difficultés opérationnelles liées au sous-effectif chronique, dans un espace muséal qui s’étend sur plus de 73 000 mètres carrés et conserve près de 35 000 œuvres. La direction a pour sa part promis une hausse de 20% du budget formation, sans programmation de recrutements nouveaux.
Ce dossier sécuritaire intervient dans un contexte institutionnel tendu, après la publication d’un rapport de la Cour des comptes pointant des priorités gestionnaires déséquilibrées au détriment de la protection des collections. L’enquête judiciaire se poursuit par ailleurs pour retrouver les pièces volées, dont la valeur est estimée à 88 millions d’euros, tandis que quatre individus ont été placés sous mandat de dépôt.

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