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Économie

Céüze, la renaissance d’un site alpin par le démantèlement

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Dans les Hautes-Alpes, l’ancien domaine skiable de Céüze entame sa métamorphose avec le démontage systématique de ses infrastructures, un processus longuement mûri pour restaurer l’intégrité du paysage montagnard.

À compter de cette semaine, les vingt-cinq pylônes qui soutenaient les huit téléskis de l’ex-station de Céüze seront démantelés selon un calendrier s’étalant sur deux mois. Cette opération technique, confiée à une entreprise spécialisée, matérialise l’aboutissement d’une décision collective élaborée durant plus d’une décennie. Les élus locaux insistent sur la dimension réfléchie de ce projet, soulignant que cette démarche irréversible nécessitait une préparation tant administrative que sociale.

Le domaine, perché entre 1 550 et 2 000 mètres d’altitude, avait définitivement cessé son activité hivernale au terme de la saison 2017-2018. L’évolution des conditions d’enneigement, conjuguée au vieillissement des équipements et à une fréquentation déclinante, avait précipité sa fermeture. Aujourd’hui, la communauté de communes assume pleinement cette transition vers un nouveau modèle de développement centré sur les activités de pleine nature.

Une étude environnementale préalable a guidé la conception du chantier, dont le budget s’élève à 137 000 euros. L’association Mountain Wilderness, reconnue pour son expertise dans le démantèlement d’installations obsolètes, a été associée à la démarche. Le transport des matériaux par héliportage a été privilégié afin de préserver les sols et les écosystèmes fragiles de ce secteur.

Les acteurs locaux perçoivent cette transformation comme une opportunité pour valoriser les atouts naturels du site. Randonnée pédestre, escalade sur les falaises réputées ou pratique du vélo tout terrain constituent désormais les piliers de l’attractivité touristique. Si certains habitants conservent une nostalgie de l’ère du ski, la majorité des professionnels salue cette évolution qui redonne au massif sa vocation première.

Cette opération pourrait faire école dans d’autres territoires de montagne confrontés à des défis similaires. Selon les estimations des spécialistes, plus d’une centaine de remontées mécaniques abandonnées subsisteraient encore dans les massifs français, autant de sites potentiels pour des projets de réhabilitation comparable.

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