Culture
Big Ben s’arrête pour sa maintenance annuelle
Le célèbre monument londonien interrompt brièvement son tic-tac lors du changement d’heure, une opération technique qui permet aux horlogers d’effectuer un entretien minutieux du mécanisme historique.
Comme chaque année à l’occasion du passage à l’heure d’hiver, le célèbre cadran de Big Ben suspend son activité pendant quelques heures. Cette interruption programmée constitue l’une des rares occasions où les horlogers peuvent immobiliser le mécanisme vieux de plus d’un siècle et demi. Ian Westworth, technicien expérimenté au service des horloges du Palais de Westminster depuis plus de vingt ans, supervise cette opération délicate avec son collègue Huw Smith.
Le processus s’engage samedi soir pour s’achever aux premières heures du dimanche. Après l’arrêt complet du mouvement, l’éclairage du cadran est coupé afin d’avertir les Londoniens que l’indication horaire n’est plus fiable. Cette période d’inactivité permet à une équipe de quatre spécialistes de procéder à une vérification approfondie du système. Toute intervention sur cet appareil d’exception requiert une prudence extrême, tant son rôle symbolique et fonctionnel demeure essentiel pour la nation britannique.
Depuis sa mise en service en 1859, l’horloge parlementaire n’a connu que deux interruptions majeures dans son histoire. La plus longue remonte à 1976, nécessitant neuf mois de travaux avant sa remise en fonctionnement. Même pendant le conflit mondial, alors que son cadran restait dans l’obscurité pour éviter de guider les avions ennemis, les cloches continuaient à marquer le temps.
L’entretien régulier exige trois inspections hebdomadaires. Jusqu’à récemment, les techniciens devaient gravir les 334 marches de la tour Elizabeth, un exercice physiquement éprouvant. L’installation d’un ascenseur durant les travaux de rénovation entre 2017 et 2022 a considérablement facilité leur tâche. Les pièces défectueuses sont fabriquées sur place dans un atelier spécialisé, leur conception unique excluant tout recours au marché standard.
Une fois les vérifications terminées, les aiguilles sont repositionnées sur minuit avant la remise en route du mécanisme. Seul l’éclairage LED du cadran, modernisation récente, tarde à être rallumé jusqu’au milieu de la nuit. Le monument continue d’attirer les visiteurs, les réservations pour l’ascension étant complètes plusieurs mois à l’avance.
Ian Westworth, qui forme désormais la relève, se montre confiant quant à l’avenir de ce patrimoine horloger. Selon lui, avec une maintenance adaptée, l’édifice pourrait fonctionner encore pendant un siècle et demi. La transmission du savoir-faire assure la pérennité de ce témoin silencieux de l’histoire britannique.
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