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Faits Divers

Marseille : perpétuité requise pour le tortionnaire d’un adolescent dans une affaire de stupéfiants

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Le principal accusé, âgé de 20 ans au moment des faits, écope de la peine maximale après avoir séquestré et torturé un jeune homme de 16 ans dans un local associatif des quartiers nord.

La cour d’assises d’appel des Alpes-Maritimes a condamné El Kabir M’Saidie Ali à la réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté de vingt-deux ans. Le jeune homme, aujourd’hui âgé de 22 ans, avait nié toute implication durant le procès, affirmant se trouver dans la région lyonnaise au moment des événements. Cependant, son identification par deux témoins anonymes et une reconnaissance vocale ont pesé lourd dans la décision des jurés.

La victime, un adolescent alors âgé de 16 ans, avait quitté son foyer de Chartres pour tenter sa chance à Marseille dans le trafic de stupéfiants. Rapidement repéré alors qu’il tentait de revendre de la drogue dans la cité Félix-Pyat, il fut passé à tabac puis séquestré dans un ancien local associatif. Ligoté, frappé par plusieurs individus, il subit des sévices d’une rare violence, incluant des brûlures au chalumeau et plus de quarante brûlures de cigarette.

Secouru in extremis par des habitants du quartier, le jeune homme passa un mois en service de grands brûlés sous protection policière. Aujourd’hui hospitalisé en psychiatrie sous curatelle renforcée, il peine à se reconstruire. Son témoignage, diffusé par visioconférence lors de l’audience, fut marqué par une profonde détresse psychologique.

Quatre autres individus, mineurs et majeurs, avaient précédemment écopé de peines allant de cinq à dix ans d’emprisonnement pour leur participation à ces violences. L’avocate générale avait requis trente ans de réclusion à l’encontre de M. M’Saidie, qualifié de principal tortionnaire. La défense, quant à elle, avait dénoncé des incohérences dans les témoignages et une forme d’amplification des faits.

Cette affire relance le débat sur le recrutement de jeunes vulnérables via les réseaux sociaux pour intégrer des trafics marseillais, un phénomène que certains magistrats n’hésitent plus à qualifier de traite des êtres humains. Les autorités réfléchissent désormais à des dispositifs pour extraire ces adolescents de cette spirale infernale.

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