Économie
Thales mise sur la révolution quantique pour dominer les champs de bataille de demain
Le géant français de la défense accélère ses recherches sur les capteurs quantiques, promettant des avancées majeures en navigation autonome et détection sous-marine.
Dans ses laboratoires en région parisienne, Thales développe une nouvelle génération d’instruments exploitant les propriétés de la physique quantique. Ces technologies, bien plus précises et sensibles que les systèmes actuels, pourraient révolutionner les équipements militaires, notamment en permettant aux avions et drones de se passer du GPS ou en facilitant la traque des sous-marins ennemis.
L’entreprise investit massivement dans les capteurs quantiques, un domaine où elle reconnaît toutefois un certain retard face à ses concurrents internationaux. Elle explore également les communications quantiques, réputées inviolables, un secteur dominé par la Chine, tandis que les États-Unis conservent leur avance dans l’informatique quantique.
Parmi les innovations en cours, une antenne miniature capable de détecter des champs électromagnétiques à très basse fréquence pourrait changer la donne dans la lutte anti-sous-marine. Alors qu’une structure classique nécessiterait plusieurs centaines de mètres, ce dispositif, testé dès 2030, tient dans la paume d’une main.
Parallèlement, les chercheurs travaillent à miniaturiser les systèmes à atomes froids, essentiels pour les centrales inertielles autonomes. En refroidissant les atomes à des températures proches du zéro absolu, ces technologies offrent une précision inégalée pour la navigation sans GPS.
La guerre en Ukraine a accéléré la demande pour ces innovations, face à la multiplication des brouillages et cyberattaques. Les armées européennes cherchent désormais à sécuriser leurs communications et à améliorer leur connaissance du terrain, poussant Thales à raccourcir les délais de développement.
Mais la course au quantique reste un défi financier et technologique. Si l’Europe rivalise scientifiquement avec les États-Unis et la Chine, elle manque de géants capables de financer ces recherches à grande échelle. Les investissements publics et privés seront déterminants pour maintenir la compétitivité française dans ce domaine stratégique, considéré comme aussi crucial que le fut le nucléaire dans les années 1960.
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