Planète
La courbe de Keeling, vigie climatique en sursis sous l’ère Trump
L’emblématique outil de mesure du CO2, pilier de la recherche sur le réchauffement, pourrait être sacrifié par les coupes budgétaires de l’administration républicaine.
Dans un laboratoire californien, un scientifique observe avec inquiétude le graphique devenu symbole de la crise climatique. Cette courbe historique, initiée en 1958 par Charles David Keeling, documente depuis soixante-sept ans l’accumulation inexorable de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Pourtant, cet instrument scientifique fondamental pourrait disparaître, victime des restrictions financières imposées par Washington.
Le dispositif repose sur des mesures quotidiennes effectuées à 3 400 mètres d’altitude, au sommet du volcan Mauna Loa à Hawaï. Ces données, recueillies à l’aide de bonbonnes en verre selon une méthode inchangée depuis des décennies, constituent une référence mondiale pour évaluer l’impact des activités humaines sur le climat. Elles guident les décisions des agriculteurs face aux sécheresses ou permettent aux assureurs d’anticiper les risques liés aux incendies.
La menace plane depuis que l’administration Trump a proposé une réduction drastique de 1,6 milliard de dollars du budget de la NOAA, l’agence fédérale chargée de ces observations. Pire : le bureau hawaïen qui supervise les mesures pourrait fermer ses portes dès cet été. Ces coupes s’inscrivent dans une offensive plus large contre la recherche climatique, comme en témoigne la demande récente de recenser tous les projets mentionnant des termes comme « énergie propre » ou « crise climatique ».
Les scientifiques dénoncent une logique idéologique plutôt qu’économique. « Comparer le coût d’un seul avion de chasse au budget annuel de la NOAA pour la recherche climatique montre l’absurdité de ces coupes », déplore un chercheur chevronné. Malgré les assurances formelles de l’agence sur le maintien de sa mission, la communauté scientifique redoute un effondrement du système de surveillance atmosphérique.
Si d’autres pays ont développé des méthodes alternatives, notamment par satellite, elles ne remplaceront jamais le réseau historique de mesures directes. « Ces nouvelles techniques complètent la courbe de Keeling, elles ne peuvent s’y substituer », insiste un géochimiste. Alors que les concentrations de CO2 battent chaque année de nouveaux records, la possible disparition de ce baromètre planétaire illustre le fossé grandissant entre l’urgence climatique et les priorités politiques.
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