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Culture

La République tchèque en quête d’une consécration mondiale pour son or blond

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Avec une tradition brassicole millénaire, le pays mise sur un classement à l’Unesco pour redynamiser ses pubs et exporter son savoir-faire.

En République tchèque, la bière est bien plus qu’une simple boisson : c’est un pilier culturel. Avec une consommation annuelle de 130 litres par habitant, le pays rêve désormais de voir sa tradition brassicole inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco. Une reconnaissance qui pourrait donner un second souffle à un secteur fragilisé par la baisse de fréquentation des débits de boissons.

Dans les ruelles animées de Prague, les chopes de Pilsner Urquell continuent de trôner sur les tables des pubs, mais les clients se font moins nombreux. L’inflation, la hausse des taxes et les changements d’habitudes ont éloigné les Tchèques des établissements traditionnels. Aujourd’hui, seulement 30 % de la bière consommée l’est dans les bars, contre 50 % il y a quelques années. Les prix, qui ont doublé en une décennie, poussent beaucoup à privilégier les bouteilles achetées en grande surface.

Pourtant, l’ambition est grande. Le pays mise sur son héritage brassicole, ses 550 brasseries et ses vastes champs de houblon pour convaincre l’Unesco. Une telle distinction, déjà obtenue par la Belgique en 2016, pourrait attirer les investisseurs étrangers et relancer les exportations, aujourd’hui limitées à un quart de la production.

Au-delà de l’aspect économique, c’est toute une culture sociale qui est en jeu. Les pubs tchèques ont longtemps servi de lieux de rassemblement, où se tissaient les liens communautaires. Pour les défenseurs du projet, préserver cette tradition, c’est aussi lutter contre l’isolement et les écrans.

Face aux défis, le secteur se réinvente : diversification des saveurs, offre gastronomique étoffée, clientèle plus féminine. L’objectif ? Montrer que la bière tchèque n’est pas qu’une affaire de quantité, mais bien de qualité et de partage. Reste à convaincre l’Unesco – et les consommateurs – de revenir à l’essentiel : le plaisir d’une bière savourée entre amis, dans l’ambiance chaleureuse d’un pub.

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