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Villers-le-Lac: recherche lac, désespérément

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« Jusqu’à quand va-t-il encore sécher ce pauvre Doubs ? »: à Villers-le-Lac (Doubs), la sécheresse frappe depuis trois étés. La majestueuse cascade du Saut du Doubs est à sec, les méandres de la rivières se sont taris et le lac s’est évaporé.

« C’est impressionnant, c’est choquant, désolant à voir », souffle Fabrice Guillemin, en contemplant ce site naturel classé « grand site national ». Cet habitant du secteur se souvient avec regret du printemps, lorsqu’il « sautait des rochers avec les enfants » dans l’eau limpide.

Désormais, un mince filet d’eau, à peine visible par endroits, s’écoule péniblement dans le lit du Doubs. La chaleur et l’absence de pluie ont asséché cette frontière naturelle entre la France et la Suisse sur plusieurs kilomètres. Les méandres de la rivière ne sont plus que boue et terre craquelée.

« Jusqu’à quand va-t-il encore sécher ce pauvre Doubs ? », se désole Jeannine Coquet, 73 ans. « J’ai peur de l’avenir, pour mes petits-enfants, parce que là, ça fait trois ans de suite que c’est très sec, mais combien d’années encore derrière ? », s’interroge cette touriste venue de la Haute-Marne.

Les étés 2018, 2019 et 2020 ont été « très déficitaires en pluie », confirme Bruno Vermot-Desroches, responsable du centre Météo France de Besançon. « Et après les températures élevées de cet été 2020 – environ 2°C supérieures à la normale -, les quinze premiers jours de septembre, sans pluie, ont amplifié le phénomène », poursuit-il.

« De plus en plus chaud »

Or, selon le météorologue, « la tendance ne va pas s’inverser dans les années à venir, on est sûr qu’il va faire de plus en plus chaud ». « Le réchauffement climatique est en route », prévient-il, « ces trois été seront sûrement des été normaux dans les années 2040 ».

L’assèchement du Doubs a des répercutions sur l’activité touristique du secteur de Villers-le-Lac. La compagnie des Bateaux du Saut du Doubs, a par exemple été obligée de réduire son parcours.

« Pour pouvoir naviguer, on réaménage de jour en jour nos embarcadères et on déplace nos pontons au fur et à mesure que l’eau descend », explique Tiffany Droz-Barthelet, directrice d’exploitation. « On perd 15 à 18 centimètres d’eau par jour », constate la jeune femme, héritière de cinq générations de bateliers depuis 1904.

En 2018, la rivière s’était déjà asséchée. « On pensait que c’était exceptionnel, que c’était la sécheresse centenaire comme celles de 1893 et de 1906. Mais on est inquiet de voir que ça recommence de manière rapprochée en 2020 ».

Canyons vertigineux

Sur la partie encore navigable des bassins du Doubs, près de 10 mètres de falaises habituellement immergés se dévoilent aux regards ébahis des touristes. Les bateaux cheminent au creux de canyons vertigineux créés par l’abaissement du niveau de l’eau.

« Des gens viennent spécialement pour voir ce phénomène. La visite est très impressionnante avec un paysage encore plus spectaculaire », constate Mme Droz-Barthelet, qui a néanmoins enregistré 70% de pertes sur une saison mise à mal par le manque d’eau et l’épidémie de coronavirus.

Le premier adjoint au maire de Villers-le-Lac, Pascal Rognon, constate le dérèglement climatique à chaque saison: l’été le lac s’évapore et avec « les hivers qui sont moins rigoureux, le patinage qui se faisait depuis le début du siècle sur le Doubs n’a pas été possible depuis quatre ans ».

L’ensemble de la Bourgogne-Franche-Comté est touchée par la sécheresse et les huit départements de la région ont été placés en situation de « crise » par leurs préfectures respectives.

A Besançon, où le Doubs affiche également un niveau très bas, le record de chaleur pour septembre, qui date de 1947 (33,5°C le 19 septembre 1947) a presque été égalé lundi avec 33,4°C, selon Météo France.

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L’astronaute française Sophie Adenot s’envolera pour la Station spatiale en 2026

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L'astronaute française Sophie Adenot s'envolera pour la Station spatiale en 2026

25 ans après Claudie Haigneré, Sophie Adenot deviendra la deuxième Française à rejoindre la Station spatiale internationale, marquant une étape historique pour la France et l’ESA.

Un quart de siècle après Claudie Haigneré, la première femme française à être allée dans l’espace, une nouvelle astronaute française s’apprête à suivre ses traces. L’Agence spatiale européenne (ESA) a annoncé mercredi 22 mai que Sophie Adenot, 41 ans, participera à une mission à bord de la Station spatiale internationale (ISS) en 2026. Elle sera la première de sa promotion 2022 de spationautes européens à rejoindre l’ISS.

« C’est incroyable ! Je manque vraiment de mots pour décrire combien je suis heureuse. C’est clairement un honneur, une grande responsabilité et une nouvelle étape dans ma carrière, et ce sera une aventure incroyable », a déclaré Sophie Adenot dans un message préenregistré. Ingénieure et colonel de l’Armée de l’air et de l’espace, Adenot a validé sa formation d’astronaute il y a seulement un mois.

Après avoir commencé sa formation à Cologne, en Allemagne, Sophie Adenot est arrivée début mai aux États-Unis pour suivre des cours au centre spatial de la NASA à Houston, Texas. Elle se prépare à une formation intensive en vue de ce voyage dans l’espace. « Je sais que cela va être deux années très intenses avant le décollage, mais je suis hyper contente », a-t-elle confié à franceinfo. « On passe à la vitesse supérieure, notamment parce qu’il faut acquérir toutes les qualifications, des plus basiques jusqu’aux plus élaborées », a-t-elle expliqué. Le décollage est actuellement prévu pour le printemps 2026.

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Planète : La biodiversité des rivières et plans d’eau douce en France en déclin, selon un rapport du WWF

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Planète : La biodiversité des rivières et plans d'eau douce en France en déclin, selon un rapport du WWF

Un rapport inédit du WWF révèle un déclin inquiétant de certaines espèces de poissons et d’oiseaux dans les rivières françaises, malgré des efforts financiers considérables.

La biodiversité des rivières et des plans d’eau douce en France est gravement menacée, selon un bilan inédit publié mercredi par le WWF. Ce rapport, publié à l’occasion de la journée internationale de la biodiversité, met en lumière un effondrement de certaines espèces de poissons et d’oiseaux, notamment la truite et le grèbe huppé, malgré une apparente stabilité globale des populations au cours des vingt dernières années.

Le WWF a introduit un « indice rivières vivantes » basé sur des données de surveillance pour évaluer la santé des rivières en France métropolitaine. Le rapport indique un déclin de 0,4% des populations de poissons et d’oiseaux observés depuis 20 ans, en dépit de dépenses estimées à 500 milliards d’euros pour la politique de l’eau. En 2019, seulement 43,1% des rivières étaient en bon état écologique, selon les chiffres des agences de l’eau repris par l’ONG.

« Il y a quelque chose qui cloche », déclare Yann Laurans, directeur des programmes du WWF France, en soulignant l’écart entre les investissements financiers et les résultats obtenus. Le déclin moyen cache de grandes disparités, avec une augmentation de la diversité des poissons dans les grands fleuves, mais une dégradation de la qualité des petits cours d’eau en milieu rural en raison de l’intensification des pratiques agricoles et de l’artificialisation.

Les activités humaines ont multiplié les sources de dégradation : barrages, dragages, canalisations, prélèvements excessifs, rejets de pesticides, d’engrais et de polluants industriels. Deux espèces emblématiques, le grèbe huppé et la truite des rivières, ont vu leur population chuter respectivement de 91% et 44% en 20 ans. En revanche, les espèces invasives comme le poisson-chat, le ragondin et l’écrevisse de Louisiane prolifèrent.

Pour remédier à cette situation, le WWF met en avant la préservation des zones humides. « Nous relançons notre stratégie d’acquisition foncière », déclare Jean Rousselot, responsable eau douce de l’ONG, qui prévoit de dépenser 5 millions d’euros pour protéger ces espaces en France métropolitaine.

Cette approche n’est pas totalement nouvelle. Dans les années 1980, le WWF avait contribué à la création de la réserve naturelle de Chérine dans la Brenne, où l’association possède des terrains. Aujourd’hui, le WWF mène des politiques de « paiements pour service écosystémique », rémunérant des pisciculteurs pour des pratiques écologiques.

Des espèces menacées comme la guifette moustac et la cistude, une tortue d’eau douce, trouvent refuge dans ces zones protégées. Albert Millot, directeur de la réserve naturelle de Chérine, souligne l’importance de ces efforts de préservation. « Il n’y a plus beaucoup de territoires où elle subsiste », dit-il, insistant sur la nécessité de protéger ces habitats face aux menaces du réchauffement climatique et de la prédation.

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Chaleur : des températures plus élevées que la normale dans les régions méditerranéennes cet été

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Chaleur : des températures plus élevées que la normale dans les régions méditerranéennes cet été

Sous-titre : Météo France prévoit une forte probabilité de températures supérieures à la normale entre mai et juillet, en particulier dans le sud de la France.

Selon Météo France, les régions méditerranéennes pourraient connaître des températures estivales supérieures à la normale entre mai et juillet, avec une probabilité de 70 %. Cette prévision s’accompagne d’une augmentation de la température moyenne de la mer Méditerranée, contribuant à cette tendance.

Le bulletin trimestriel de Météo France, publié le 29 avril, indique que la probabilité de températures plus élevées que la normale est de 70 % dans la zone méditerranéenne. En revanche, dans le reste de la France, cette tendance est moins prononcée, avec une probabilité de 50 % à l’échelle nationale.

Ces prévisions sont essentielles pour les agriculteurs, bien qu’elles nécessitent une certaine prudence, étant donné leur nature à long terme. Guillaume Sechet, météorologue, souligne qu’il est plus difficile de prédire les précipitations que les températures sur une période aussi étendue. Bien que les modèles européens et américains convergent vers des températures plus élevées, aucune préférence n’est donnée à un scénario spécifique par Météo France.

Le climatologue Davide Farande explique que la hausse des températures de la mer Méditerranée est un facteur contributif majeur à cette prévision. Avec une mer plus chaude que la normale ce printemps, la chaleur se propage progressivement vers le littoral, augmentant ainsi les températures dans la région.

Ces prévisions ne doivent pas être confondues avec des annonces de vagues de chaleur ou de canicules, souligne-t-on. Ces phénomènes restent imprévisibles sur une échelle temporelle aussi large.

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