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Culture

Valère Novarina, l’insoumis du verbe, s’est éteint

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Le dramaturge et peintre franco-suisse, figure majeure et inclassable de la scène contemporaine, est décédé à l’âge de 83 ans. Son œuvre, monument de langue et de liberté, aura marqué plusieurs générations.

L’artiste s’est éteint vendredi, a confirmé samedi l’un des responsables de sa compagnie. Avec lui disparaît un architecte du langage, un créateur pour qui les mots constituaient une matière vivante, presque physique. Son théâtre, dense et exigeant, peuplé d’une cinquantaine de pièces publiées pour l’essentiel aux éditions P.O.L, a toujours refusé les chemins balisés et les concessions faciles.

Ses œuvres, régulièrement présentées au Festival d’Avignon, ne connaissaient pas toujours une large diffusion au-delà de ce rendez-vous. Lui-même déplorait une tendance contemporaine à privilégier des propositions consensuelles, où la primauté de l’émotion immédiate se ferait au détriment de la puissance du verbe. Il affirmait vouloir s’adresser à chaque spectateur dans sa singularité, cherchant une forme de percée individuelle plutôt qu’une adhésion collective.

Né dans la région genevoise, il passa son enfance entre les rives du Léman et les montagnes savoyardes. C’est dans ces paysages qu’il forgea très tôt son rapport intime à l’écriture, cachant ses premiers textes sous des pierres. Après des études de philosophie et de littérature à Paris, il fréquenta les cercles artistiques et croisa notamment le metteur en scène Roger Blin. Bien qu’ayant un temps envisagé le jeu, il se consacra finalement entièrement à l’écriture, avant d’y associer une pratique assidue du dessin et de la peinture, au service de ses propres mises en scène à partir des années 1980.

Pour Novarina, la langue était un espace à explorer, un fluide aux propriétés presque scientifiques. Ses textes, à la croisée du poétique et du dramatique, défiaient les conventions par leur ampleur et leur densité. Une reconnaissance institutionnelle vint couronner cette œuvre singulière, certains de ses textes étant inscrits au programme du baccalauréat littéraire au début des années 2010.

Son parcours fut cependant semé d’incompréhensions et de réactions vives. Dès la création de sa première pièce en 1974, une partie du public quitta la salle. Douze ans plus tard, la présentation d’une de ses œuvres à Avignon provoqua une polémique rappelant les grandes querelles esthétiques du passé, divisant salle et scène. Ces débats n’entamèrent jamais sa conviction. Il professait un amour profond pour les acteurs, voyant en eux les véritables découvreurs du sens, et affichait un goût prononcé pour le comique, vouant une admiration sans borne à Louis de Funès, auquel il consacra d’ailleurs un texte.

Récompensé par plusieurs distinctions majeures, dont le grand prix de l’Académie française, il avait été candidat sans succès à cette même institution en 2017. Son héritage demeure celui d’un franc-tireur, un « pirate » selon ses propres termes, dont l’œuvre continue d’interroger, de provoquer et d’illuminer par la seule force démiurgique des mots.

1 Commentaire

1 Commentaire

  1. mitolyn reviews

    28 janvier 2026 at 3 h 22 min

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