Monde
Une ex-guerrière kurde dénonce l’impasse du dialogue avec Ankara
Après des décennies de conflit, le dépôt des armes par le PKK n’a pas apaisé les craintes d’une militante historique, qui déplore l’absence de gestes concrets des autorités turques.
Assise dans un café de Diyarbakir, une femme aux cheveux cuivrés observe d’un œil sceptique les allées et venues autour de la grande mosquée. Le vrombissement d’un chasseur turc traversant le ciel kurde semble résumer à lui seul le fossé persistant entre les promesses officielles et la réalité sur le terrain. Cette quinquagénaire au passé de combattante incarne les espoirs déçus d’une génération engagée depuis trente ans dans la lutte pour les droits kurdes.
Issue des rangs du PKK qu’elle a rejoint en 1995, elle se souvient des villages incendiés et des disparitions forcées qui ont poussé toute une jeunesse à prendre les armes. « Nous étions acculés, témoigne-t-elle en feuilletant des archives photographiques sur son ordinateur. La répression ne laissait d’autre issue que la clandestinité. » Son parcours reflète les soubresauts du mouvement indépendantiste : l’arrestation d’Öcalan en 1999, les appels à la démobilisation, les années de prison pour avoir cru à une possible résolution politique du conflit.
Aujourd’hui journaliste et chercheuse, elle dresse un bilan amer des tentatives de pacification. « L’État parle de dialogue mais maintient son dispositif militaire, déplore-t-elle. Les prisonniers politiques restent enfermés, les check-points parsèment toujours nos routes. » Selon elle, la dissolution récente du PKK n’a pas modifié fondamentalement l’attitude des autorités d’Ankara, malgré le courage montré par les ex-combattants acceptant de déposer les armes.
Le cœur du problème résiderait selon elle dans l’isolement continu du leader kurde. « Comment croire à une véritable négociation quand Öcalan reste coupé du monde dans sa prison insulaire ? » Cette situation alimente ce qu’elle nomme « un océan de méfiance » parmi les populations kurdes, convaincues que l’État turc n’envisage qu’une reddition sans contrepartie. Les récentes opérations militaires dans le sud-est viendraient confirmer ces craintes, selon ses analyses.
Pourtant, cette militante aguerrie refuse tout fatalisme. « Notre combat continue sous d’autres formes, martèle-t-elle. La fin de la guérilla ne signifie pas l’abandon de nos revendications. » Elle évoque une mutation du mouvement vers l’action politique et juridique, tout en reconnaissant les risques permanents pour ceux qui, comme elle, osent critiquer ouvertement le pouvoir. Son témoignage illustre les défis d’une transition incertaine, où chaque geste de bonne volonté se heurte au poids des mémoires blessées et des incompréhensions mutuelles.
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