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Politique

Un salaire présidentiel au niveau du Smic, la proposition iconoclaste de François Ruffin pour 2027

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Le député de la Somme, candidat à la primaire de la gauche, défend une mesure symbolique d’exemplarité et d’économie publique, suscitant un débat entre principe et pragmatisme.

À l’horizon de la prochaine élection présidentielle, François Ruffin inscrit une proposition forte dans son projet politique. Le fondateur du mouvement Debout, engagé dans la course à l’investiture de la gauche, plaide pour un alignement de la rémunération du chef de l’État sur le montant du salaire minimum interprofessionnel de croissance. Cette initiative viserait à diviser par près de dix le traitement mensuel actuel, le faisant passer d’environ seize mille euros bruts à moins de deux mille.

Le parlementaire justifie cette idée par un impératif de cohérence et de symbolique. Il affirme vouloir incarner une forme de sobriété, évoquant son propre parcours et un train de vie qu’il qualifie de modeste. Pour lui, la légitimité de l’action publique passe par un exemple donné depuis les plus hautes fonctions. Il estime que cette réforme générerait des économies budgétaires substantielles, de l’ordre de vingt millions d’euros sur un quinquennat, des fonds qu’il propose de réaffecter à des secteurs prioritaires comme la santé.

La suggestion ne laisse pas indifférent dans le paysage politique. Elle recueille des critiques immédiates, qualifiée de posture démagogique par certains cercles proches du pouvoir actuel. D’autres voix, tout en saluant l’intention, en pointent les limites pratiques. Un ancien président de la République souligne ainsi les contraintes matérielles et sécuritaires inhérentes à la fonction, qui rendent selon lui une telle mesure difficilement applicable dans sa forme la plus stricte. L’essentiel, rappelle-t-il, réside moins dans le changement de condition personnelle du président que dans sa capacité à transformer concrètement le quotidien des citoyens.

Cette proposition s’inscrit dans un débat plus large sur les revenus, les inégalités et la représentation. François Ruffin y voit un levier pour imposer une autre éthique dans la conduite des affaires publiques, appelant à un ruissellement de cette exigence de modestie vers l’ensemble du gouvernement et du monde économique. Le débat, désormais lancé, dépasse la simple question salariale pour interroger les modalités et les symboles de l’exercice du pouvoir.

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