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Un ballet de couleurs sous le soleil turc

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Dans la région d’Antalya, des milliers de tapis traditionnels s’offrent une cure de lumière, transformant les champs en une toile vivante.

Aux abords d’Antalya, cité balnéaire du sud de la Turquie, les paysages se parent chaque été d’une mosaïque éclatante. Des milliers de tapis et kilims, soigneusement disposés à même le sol, y subissent un rituel immuable. De juin à septembre, ces pièces artisanales, venues de tout le pays, sont exposées aux éléments pour affiner leurs teintes et gagner en douceur.

La méthode, ancestrale, repose sur l’alchimie du soleil et de la rosée. Les laines, teintes avec des pigments naturels, voient leurs couleurs s’adoucir progressivement sous l’effet des rayons ultraviolets. Hasan Topkara, l’un des derniers artisans à perpétuer cette tradition, supervise l’opération avec rigueur. Sur quarante hectares, près de quinze mille pièces sont étalées, nécessitant une surveillance constante.

Une équipe d’une cinquantaine d’ouvriers veille jour et nuit sur ce trésor éphémère. Au moindre signe de pluie, une centaine d’habitants des villages voisins se mobilisent pour mettre à l’abri ces fragiles trésors en moins de trois quarts d’heure. Un ballet minutieux, répété depuis des générations.

Une fois patinés par les éléments, les tapis rejoignent souvent les étals du Grand Bazar d’Istanbul, avant de s’exporter dans le monde entier. Ce spectacle éphémère, devenu une curiosité locale, a même inspiré des artistes, à l’image du chanteur Mabel Matiz, qui y tourna le clip de son tube *Sarmasik* en 2018.

Entre tradition et attraction, ces champs bigarrés rappellent la pérennité d’un savoir-faire qui résiste, malgré tout, aux assauts de la modernité.

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