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Faits Divers

Un ancien opérateur du Samu reconnaît les viols et agressions sexuelles sur de jeunes hommes

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_**L’homme de soixante ans, jugé devant la cour criminelle du Rhône, a admis l’essentiel des accusations portant sur une vingtaine de victimes, pour la plupart mineures au moment des faits.**_

L’audience s’est ouverte par l’aveu de l’accusé. Interpellé en 2021, cet ancien opérateur du Samu a concédé devant la cour la quasi-totalité des faits qui lui sont reprochés, à savoir des viols et agressions sexuelles commis sur des adolescents entre le début des années 1990 et son arrestation. Seules deux plaintes, concernant des personnes considérées comme vulnérables, ont été contestées. L’enquête, initiée en 2019 après le témoignage spontané d’un homme dans une autre affaire, a permis d’identifier un nombre important de victimes, dont treize se sont constituées parties civiles. Sur les trente-huit cas recensés lors de l’instruction, vingt-et-un ont été retenus pour le procès, les autres étant prescrits.

Le mode opératoire décrit par les plaignants présente des similitudes frappantes. Les actes, qualifiés d’« actes quasi constants » par l’officier de gendarmerie ayant dirigé les investigations, étaient souvent commis par surprise, parfois durant le sommeil des victimes, après que celles-ci avaient consommé de l’alcool ou des stupéfiants. Les abus pouvaient s’étendre sur plusieurs années, les plus jeunes victimes étant âgées de douze à quatorze ans au moment des faits.

La personnalité et le parcours de l’individu ont été scrutés à l’audience. Bénévole de longue date au sein de la Croix-Rouge dans la région lyonnaise, où il a occupé des fonctions de formateur, il a également été opérateur du Samu et a travaillé brièvement pour la police judiciaire. L’accusation estime que son âge, sa position sociale et ses activités lui ont conféré une forme d’emprise sur de nombreux adolescents, souvent recueillis alors qu’ils étaient en difficulté. Près de la moitié des victimes identifiées proviendraient des rangs de la Croix-Rouge, organisation qui s’est portée partie civile.

Le passé de l’homme avait déjà suscité des alertes. À la fin des années 1990, un signalement pour des faits de pédophilie avait été effectué par la mère d’un adolescent, entraînant une suspension conservatoire de ses fonctions au sein de l’association, sans que des poursuites ne suivent. L’enquêteur a décrit un individu doté d’une capacité à repérer les carences affectives, se présentant comme une figure d’autorité, un « grand frère » ou un « père ».

La défense, représentée par l’un de ses avocats, a indiqué que son client, confronté à des faits remontant parfois à plus de trente ans, ne se souvenait pas de tout mais entendait s’expliquer sur chaque accusation. Le procès, qui doit durer deux semaines, verra l’audition de l’ensemble des victimes. L’homme encourt une peine pouvant aller jusqu’à vingt années de réclusion. Les plaidoiries sont attendues le 11 décembre, précédant un délibéré le lendemain soir. Parallèlement à cette affaire, l’intéressé a déjà été condamné en 2023 à une peine d’un an d’emprisonnement pour corruption de mineurs, dans un dossier lié à l’utilisation de sites et d’applications de rencontre.

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