Nous rejoindre sur les réseaux

Culture

Stellan Skarsgård défend un cinéma à déguster, à l’heure du tout-streaming

Article

le

L’acteur suédois, nommé aux Oscars pour « Valeur sentimentale », compare l’expérience cinématographique idéale à un repas gastronomique, privilégiant la lenteur et le partage face à la consommation rapide imposée par les plateformes.

Pour Stellan Skarsgård, un film digne de ce nom se savoure. À l’image d’un plat élaboré avec soin, il nécessite du temps, une attention particulière et se bonifie par la recommandation. L’acteur, en lice pour la statuette du meilleur second rôle, oppose cette philosophie du « slow cinema » à la logique du flux continu qui domine aujourd’hui l’industrie. Son dernier film, « Valeur sentimentale », du réalisateur norvégien Joachim Trier, incarne à ses yeux cette approche. L’œuvre, qui explore les relations conflictuelles entre un cinéaste vieillissant et sa fille actrice, a connu une longue carrière en salles avant toute diffusion en ligne, gagnant en notoriété par le seul bouche-à-oreille.

Cette carrière hors des sentiers battus contraste avec les mutations profondes que traverse Hollywood. Skarsgård observe avec une certaine inquiétude la concentration croissante des studios et la montée en puissance des géants du streaming. Il y perçoit une menace pour la diversité des récits et des points de vue, uniformisant l’offre à l’échelle mondiale. Pour lui, le salut passe par la défense des salles obscures et le soutien à des créations venues d’horizons variés, considérant le cinéma avant tout comme un bien culturel essentiel.

La trajectoire internationale de « Valeur sentimentale », couronnée à Cannes et aux Bafta, puis nommée dans neuf catégories aux Oscars, semble lui donner raison. L’acteur salue d’ailleurs l’élargissement des perspectives au sein de l’Académie, dont les membres sont désormais issus du monde entier. Cette ouverture lui apparaît comme un contrepoint nécessaire à la standardisation. Après près de soixante ans de carrière et plus de cent cinquante rôles, Stellan Skarsgård reste un fervent défenseur d’un cinéma qui prend son temps, un cinéma fait pour être discuté après la séance, comme on commenterait un grand cru.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus