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Slovaquie : le procès historique du tireur qui a visé le Premier ministre Fico

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L’attentat contre le chef du gouvernement slovaque, perpétré en mai 2024, conduit son auteur devant la justice pour terrorisme. Un procès qui révèle les fractures politiques d’un pays en pleine tension.

L’homme accusé d’avoir tiré sur Robert Fico, Premier ministre slovaque, comparaît ce mardi devant un tribunal spécial. Âgé de 72 ans, Juraj Cintula, un poète engagé, risque la réclusion à perpétuité pour un acte qualifié de terroriste. Les faits remontent à une attaque en pleine rue, lors d’une visite officielle dans la ville de Handlova. L’agresseur aurait agi en réaction à la politique jugée autoritaire du gouvernement, proche des positions du Kremlin.

Initialement poursuivi pour tentative de meurtre, le dossier a été requalifié en attentat terroriste en raison de la motivation politique avérée. L’accusé aurait déclaré vouloir empêcher l’exécution du programme de la coalition au pouvoir. Cette affaire est exceptionnelle en Slovaquie, où seuls deux cas similaires ont été jugés, dont un meurtre homophobe en 2022.

Lors de l’audience, les magistrats devront déterminer si l’intention de tuer était présente. Bien que Cintula ait reconnu avoir préparé son geste, il affirme ne pas avoir visé les zones vitales de sa cible. Le Premier ministre, touché à plusieurs reprises, a subi deux interventions chirurgicales majeures et a mis 42 jours à se rétablir. Son incapacité temporaire a paralysé l’exécutif pendant deux mois.

Robert Fico, figure controversée de la politique slovaque, dirige le pays avec une ligne souverainiste et pro-russe, suscitant de vives critiques. Ses réformes, perçues comme une menace pour la démocratie, ont provoqué des manifestations régulières. L’attentat a ravivé les tensions dans un pays marqué par des violences politiques depuis les années 1990.

Le chef du gouvernement accuse l’opposition et les médias d’avoir alimenté la haine à son encontre, contribuant selon lui à créer un climat propice à l’attaque. Cependant, en l’absence de preuves tangibles, cette thèse reste contestée. Les analystes estiment que cette crise ne modifiera pas profondément les équilibres politiques, mais risque d’accentuer les divisions dans une Slovaquie déjà polarisée.

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