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Sierra Leone : des îles sacrifiées sur l’autel du réchauffement climatique

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Le niveau des océans grignote inexorablement les terres, contraignant des milliers d’habitants à un exode forcé.

Au large des côtes sierra-léonaises, un drame silencieux se joue. Les îles de l’archipel des Tortues, autrefois prospères, disparaissent peu à peu sous les flots. Les habitants, témoins impuissants de cette érosion accélérée, voient leurs maisons, leurs écoles et leurs lieux de culte être engloutis par une mer de plus en plus vorace.

Nyangai, l’une de ces îles condamnées, n’est plus qu’une étroite bande de terre où s’entassent quelques centaines de personnes. En une décennie, sa superficie a été réduite comme peau de chagrin. Les palmiers, arrachés par les vagues, gisent sur le sable, tandis que les cabanes de fortune résistent tant bien que mal aux assauts répétés de l’océan. Les habitants, pour la plupart pêcheurs, assistent, désemparés, à la disparition de leur mode de vie.

La situation est tout aussi critique sur l’île voisine de Plantain. L’école locale, située en bord de mer, a failli s’effondrer lors d’une marée particulièrement violente. Les salles de classe menacent de s’écrouler à tout moment, mais faute d’alternative, les enfants continuent d’y suivre leurs cours. La mosquée, elle aussi, est en sursis, son minaret déjà partiellement submergé.

Les autorités sierra-léonaises reconnaissent l’ampleur de la catastrophe, mais les moyens manquent pour organiser une relocalisation massive. Plus de deux millions de personnes vivant le long des côtes sont menacées, selon les estimations officielles. Le pays, déjà fragilisé sur le plan économique, peine à faire face à cette crise environnementale sans précédent.

Pour les habitants, le départ est souvent vécu comme une déchirure. « Je suis né ici, c’est tout ce que je connais », confie l’un d’eux, les yeux rivés sur l’horizon. Mais face à l’avancée inexorable des eaux, beaucoup n’ont d’autre choix que de plier bagage, emportant avec eux la mémoire d’une culture en voie de disparition.

Le temps presse : selon les experts, l’archipel tout entier pourrait avoir disparu d’ici dix à quinze ans. Une course contre la montre qui se joue loin des regards, au milieu de l’océan.

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