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Scrutin législatif en République tchèque, l’incertain retour de Babiš

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L’ancien Premier ministre arrive en tête des intentions de vote mais devra composer avec un paysage politique fragmenté et des alliances incertaines pour former un gouvernement.

Les citoyens tchèques ont entamé ce vendredi leur processus électoral pour renouveler les deux cents députés de la Chambre basse. Selon les dernières estimations, le mouvement ANO de l’ancien chef du gouvernement Andrej Babiš recueille environ trente pour cent des suffrages, devançant la coalition au pouvoir. Cette avance ne garantit cependant pas au milliardaire la direction du prochain exécutif, tant les négociations post-électorales s’annoncent complexes.

À soixante-et-onze ans, l’homme d’affaires slovaque naturalisé tchèque aspire à retrouver les fonctions qu’il a exercées entre 2017 et 2021. Son programme mêle revendications de justice sociale et volonté de réduire le soutien militaire et financier à l’Ukraine. Le Premier ministre sortant Petr Fiala, dont la formation politique arrive en seconde position avec vingt pour cent des intentions de vote, a mis en garde contre un possible rapprochement avec Moscou en cas de victoire de son adversaire.

Le contexte économique et social influence notablement ce scrutin. Une étude de l’institut PAQ révèle qu’un tiers des ménages estiment leur situation dégradée par rapport à la précédente consultation électorale. L’accueil de plusieurs centaines de milliers de réfugiés ukrainiens a également alimenté les critiques envers l’action gouvernementale. Ces préoccupations domestiques contrastent avec la position atlantiste traditionnelle du pays, membre actif de l’OTAN et de l’Union européenne.

La configuration parlementaire semble défavoriser toute majorité claire. Les partis de la coalition sortante ont exclu toute collaboration avec M. Babiš, tandis que les formations antisystème et eurosceptiques pourraient devenir ses partenaires obligés. Le président Petr Pavel, élu en 2023 contre l’ancien Premier ministre, a laissé entendre qu’il pourrait exercer sa prérogative constitutionnelle avec une certaine réserve concernant la nomination du dirigeant d’ANO.

La campagne électorale a par ailleurs été marquée par une activité numérique inhabituelle. Les autorités tchèques et européennes ont noté une recrudescence de contenus favorables aux partis antisystème sur les plateformes sociales, particulièrement TikTok. La Commission européenne a organisé une réunion d’urgence avec le réseau social, aboutissant à la suppression de plusieurs comptes automatisés.

Les observateurs politiques anticipent une période de négociations prolongées, quel que soit le résultat final du scrutin. L’enjeu dépasse la simple alternance gouvernementale, touchant à l’orientation géopolitique du pays et à sa capacité à maintenir un équilibre entre solidarité européenne et réponse aux préoccupations intérieures.

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