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Sarah Mullally, une femme à la tête de l’Église anglicane

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Pour la première fois de son histoire, la Communion anglicane se dote d’une femme comme archevêque de Canterbury, marquant un tournant décisif dans les traditions ecclésiales.

L’évêque de Londres, Sarah Mullally, a été officiellement désignée pour occuper la fonction d’archevêque de Canterbury. Cette nomination fait d’elle la première femme à diriger l’Église d’Angleterre et à assumer le rôle de chef spirituel de la Communion anglicane mondiale. Âgée de soixante-trois ans, cette ancienne infirmière et mère de famille succède à Justin Welby, dont la démission avait été annoncée fin 2024 suite à des critiques concernant sa gestion de dossiers relatifs à des agressions physiques et sexuelles.

Dans son premier discours prononcé à la cathédrale de Canterbury, la nouvelle primat a souligné son engagement à instaurer un environnement sécurisé et bienveillant au sein de l’institution. Elle a reconnu que l’Église avait, par le passé, manqué à son devoir de vigilance face aux abus de pouvoir. La démission de son prédécesseur avait en effet provoqué une période de turbulence institutionnelle, suscitant de multiples appels à une réforme en profondeur.

Justin Welby avait quitté ses fonctions après la publication d’un rapport mettant en lumière son incapacité à gérer correctement un scandale impliquant des violences sur des mineurs et jeunes adultes, lié à la figure de John Smyth. Ce dernier, décédé en 2018, n’a jamais été poursuivi en justice.

Sarah Mullally a également évoqué la nécessité pour l’Église d’Angleterre de soutenir activement la communauté juive dans la lutte contre l’antisémitisme, réagissant ainsi à l’attentat survenu récemment contre une synagogue de Manchester. Décrivant sa mission comme celle d’une « bergère », elle a rendu hommage à toutes les personnes, hommes et femmes, qui ont contribué à rendre possible cette nomination historique.

Ordonnée prêtre en 2002, Sarah Mullally était devenue la première femme évêque de Londres en 2018. L’Église d’Angleterre n’avait autorisé l’accès des femmes à l’épiscopat qu’à partir de 2014, après de longs débats internes. Aujourd’hui, plus de quarante des cent huit évêques sont des femmes, une proportion qui se reflète également parmi les prêtres, fonction ouverte aux femmes depuis les années 1990.

Sa désignation, validée par le roi Charles III en sa qualité de gouverneur suprême de l’Église, met fin à l’intérim assuré par l’archevêque d’York, Stephen Cottrell. L’archevêque de Canterbury joue un rôle central lors des grandes cérémonies royales, telles que les couronnements, mariages et funérailles.

L’Église d’Angleterre, issue de la rupture avec Rome au XVIe siècle, se présente comme une voie médiane entre catholicisme et protestantisme. Elle se distingue notamment par l’ordination des femmes et l’autorisation du mariage des prêtres. Bien que comptant environ vingt millions de baptisés, elle ne rassemble plus qu’un million de pratiquants réguliers, selon les dernières estimations disponibles.

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