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Quatre militants de Greenpeace interpellés après une action dans le port de Dunkerque

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Une opération de blocage visant un cargo suspecté de transporter de l’uranium russe a conduit à des interpellations et des gardes à vue ce lundi matin.

Des membres de l’organisation environnementale Greenpeace ont mené une action dans le port de Dunkerque aux premières heures de la journée. Leur objectif était d’empêcher temporairement le déchargement du cargo Mikhail Dudin, qu’ils soupçonnent de convoyer de l’uranium en provenance de Russie à destination de la filière nucléaire française. Pour ce faire, une vingtaine de personnes ont bloqué les accès à une écluse, certaines s’y étant enchaînées, et ont déployé des banderoles dénonçant les échanges commerciaux avec Moscou.

Les forces de l’ordre sont intervenues pour mettre un terme à l’opération, qui a duré environ cinq heures. Au total, douze militants ont été interpellés. Parmi eux, quatre personnes de nationalités allemande, autrichienne et néerlandaise ont été placées en garde à vue. Les huit autres, de nationalités française, allemande et belge, ont été entendues puis relâchées. Une enquête a été ouverte pour entrave à la liberté du travail, un délit passible de sanctions pénales.

Greenpeace affirme avoir observé, peu après l’intervention des autorités, le déchargement de plusieurs dizaines de conteneurs, certains contenant selon elle de l’uranium naturel et d’autres de l’uranium enrichi. L’organisation réitère par cette action ses critiques contre la persistance de liens commerciaux entre l’industrie nucléaire française et la Russie, via le géant public Rosatom, depuis le début du conflit en Ukraine. Elle dénonce une opacité autour de ces flux et estime que ces échanges contribuent indirectement à financer l’effort de guerre russe.

Les entreprises du secteur nucléaire français contactées à ce sujet ont adopté des positions réservées. EDF n’a pas souhaité commenter. Le groupe Orano a indiqué ne pas avoir de contrats en cours avec des entités russes pour l’achat ou la vente d’uranium, tout en précisant que certains de ses clients internationaux pouvaient choisir les routes d’acheminement pour du minerai provenant du Kazakhstan. L’analyse des données de navigation montre que le cargo visé, le Mikhail Dudin, a effectué de nombreux allers-retours entre la France et des ports russes depuis 2022.

Les statistiques douanières indiquent que les importations françaises d’uranium enrichi en provenance de Russie représentent une part significative, bien qu’en diminution ces dernières années, des approvisionnements nationaux. Par ailleurs, une part importante de l’uranium naturel importé par la France provient de pays d’Asie centrale historiquement liés à Moscou. Greenpeace souligne également avoir documenté récemment un cas d’exportation vers la Russie d’uranium de retraitement, une opération rendue possible par des capacités techniques actuellement uniques au monde.

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