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Quarante-huit heures de silence numérique en Afghanistan

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Le pays tout entier s’est retrouvé brutalement coupé du monde lorsque les autorités ont interrompu pendant deux jours toutes les communications téléphoniques et internet, plongeant la population dans l’isolement et paralysant les activités essentielles.

Personne ne s’attendait à une mesure d’une telle ampleur. Alors que des restrictions ciblées étaient déjà en place dans certaines provinces, la décision d’étendre la coupure à l’ensemble du territoire a surpris jusqu’aux habitants de Kaboul. Dans les rues de la capitale, les premiers gestes de survie numérique ont rapidement cédé la place à une résignation générale. Les communications avec la diaspora, vitales pour de nombreuses familles dépendant des transferts d’argent, se sont brutalement interrompues.

L’isolement a rapidement généré des rumeurs inquiétantes. Certains évoquaient une intervention militaire étrangère, d’autres des tensions au sein du pouvoir. Ces spéculations circulaient sans aucun moyen de vérification, ajoutant à l’angoisse collective. Seules les régions frontalières pouvaient bénéficier des réseaux des pays voisins, offrant une échappatoire temporaire à quelques privilégiés.

Le système bancaire s’est retrouvé paralysé, les transactions électroniques devenant impossibles. La population a dû composer avec l’argent liquide disponible, tandis que les établissements financiers fermaient leurs portes. Les transports aériens ont été suspendus, laissant les voyageurs désemparés face à des écrans d’affichage vides. Les forces de sécurité, quant à elles, maintenaient difficilement leurs communications via des talkies-walkies.

Le secteur médical a été particulièrement affecté. Les consultations ont chuté de manière significative, les patients ne pouvant plus prendre rendez-vous. Des situations dramatiques ont été rapportées, comme ce cas où un proche d’un patient atteint d’un cancer a dû parcourir plus d’une journée de route pour collecter les fonds nécessaires à une opération urgente. Les maternités fonctionnaient au ralenti, le personnel soignant ne pouvant plus assurer le suivi à distance des femmes enceintes.

L’éducation a également subi de plein fouet cette rupture numérique. Deux millions d’étudiantes ont perdu l’accès à leurs cours en ligne, seule alternative à l’interdiction de fréquenter l’école au-delà du primaire. Les conséquences économiques se sont avérées immédiates et profondes pour les entreprises, avec des pertes que certains estiment irrattrapables.

Le retour progressif des communications, mercredi soir, a provoqué un soulagement palpable. Les rues se sont animées, les restaurants ont retrouvé leur clientèle, et les habitants ont repris contact avec leurs proches. Cette renaissance temporaire n’a cependant pas dissipé les inquiétudes quant à l’avenir, les autorités n’ayant fourni aucune explication sur les raisons de cette coupure ni sur d’éventuelles futures interruptions.

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