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Procès historique en Belgique contre le géant 3M pour pollution aux PFAS

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_**Un millier de riverains d’une usine chimique près d’Anvers réclament réparation, estimant avoir subi des préjudices sanitaires et environnementaux durables.**_

L’audience s’est ouverte ce mardi devant le tribunal de paix d’Anvers. Un millier de plaignants, résidant à proximité du site industriel de Zwijndrecht exploité par le groupe américain 3M, demandent à être indemnisés pour des troubles de voisinage jugés excessifs. Ils invoquent une exposition prolongée à des substances per- et polyfluoroalkylées, communément appelées PFAS, rejetées par l’installation.

La procédure collective, qui pourrait aboutir à des compensations financières de plusieurs dizaines de millions d’euros, s’appuie sur des analyses ayant révélé une contamination significative des sols et des eaux souterraines aux alentours de l’usine. Des campagnes de prélèvements sanguins ont par ailleurs confirmé la présence de concentrations élevées de ces composés chimiques, notamment de PFOS, chez de nombreux habitants. Ces substances, réputées pour leur persistance dans l’environnement, sont associées à divers risques pour la santé.

Parmi les personnes présentes à l’audience, plusieurs ont témoigné de problèmes médicaux apparus après des années de vie à proximité du site. Un couple de retraités a ainsi évoqué des pathologies spécifiques, tandis qu’une autre riveraine a décrit les restrictions imposées à sa vie quotidienne, comme l’impossibilité de consommer les produits de son jardin. Les avocats des plaignants réclament une provision de vingt mille euros par personne, arguant que les effets sanitaires peuvent se manifester à long terme, à l’instar de ce qui fut observé avec l’amiante. Ils soulignent également la dépréciation immobilière subie par les propriétaires.

De son côté, l’entreprise affirme avoir cessé la production de PFAS sur ce site depuis le début de l’année 2024. Elle met en avant un ensemble de mesures correctives, incluant un vaste plan d’assainissement des sols, et rappelle un accord conclu en 2022 avec les autorités régionales flamandes prévoyant un investissement de cinq cents millions d’euros pour remédier aux pollutions. Le groupe a par ailleurs annoncé son intention d’éliminer progressivement ces substances de l’ensemble de sa chaîne de fabrication mondiale d’ici fin 2025.

Les débats, qui doivent se poursuivre sur trois jours, seront suivis d’une période de délibéré. La décision du juge, attendue dans au moins un mois, est très anticipée. Elle pourrait constituer un précédent juridique important en matière de responsabilité environnementale des industriels.

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