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Pologne : la Cour suprême au cœur d’une bataille politique sur la légitimité présidentielle

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L’élection du chef de l’État polonais, contestée pour irrégularités, passe sous le scalpel de la justice, alors que les tensions institutionnelles atteignent leur paroxysme.

La plus haute juridiction polonaise se prononce ce mardi sur la validité du scrutin présidentiel de juin, marqué par la victoire serrée du candidat nationaliste Karol Nawrocki. Avec 50,89 % des suffrages, l’historien soutenu par le parti Droit et Justice (PiS) a devancé son adversaire pro-européen, Rafal Trzaskowski, maire de Varsovie, d’environ 369 000 voix. Mais cette élection, déjà entachée de multiples réclamations, pourrait être invalidée en raison des soupçons pesant sur l’impartialité de la chambre judiciaire chargée de l’examen.

La Constitution exige en effet l’aval de la Cour suprême avant l’investiture officielle du président élu, prévue le 6 août devant le Parlement. Or, la légitimité de la Chambre des recours extraordinaires, instaurée sous l’ère du précédent gouvernement conservateur, est ouvertement contestée. La Cour européenne des droits de l’homme a déjà jugé en 2023 qu’elle ne remplissait pas les critères d’indépendance requis. Une faille institutionnelle que le Premier ministre actuel, Donald Tusk, ne manque pas de souligner, tout en reconnaissant l’impossibilité de contourner cette instance pour valider le scrutin.

Plus de 56 000 réclamations ont été déposées auprès de la Cour suprême depuis le second tour, accusant notamment des transferts frauduleux de voix en faveur de Nawrocki. Bien que la majorité aient été rejetées pour manque de preuves, des recomptages partiels ont été ordonnés dans plusieurs bureaux de vote, alimentant les suspicions. Certains experts et élus réclament même un audit national et un report de la cérémonie d’investiture, estimant que les réformes judiciaires passées ont durablement affaibli l’État de droit.

Malgré les pressions, le président du Parlement et une partie de la coalition au pouvoir excluent pour l’instant tout report, tandis que le ministère de la Justice a lancé une enquête pour éclaircir les anomalies électorales. Dans un contexte politique explosif, cette décision de la Cour suprême pourrait soit apaiser, soit exacerber les divisions qui déchirent le pays.

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