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Perpignan, une ville sous tension à un mois des municipales
L’association SOS Racisme lance une campagne d’affichage ciblant le maire sortant RN, Louis Aliot, qui réplique immédiatement en dénonçant une « propagande » et engage une contre-offensive médiatique.
À un mois du scrutin municipal, l’atmosphère politique à Perpignan se tend. L’association SOS Racisme a placé la lutte contre les discriminations au cœur de la campagne en déployant une série d’affiches interpellantes. Le message, décliné sur le modèle de ses campagnes historiques, vise directement le maire sortant Rassemblement national, Louis Aliot, en appelant à une ville « antiraciste ».
En réaction, l’édile et candidat à sa réélection a immédiatement dénoncé une opération de « désinformation ». Ses partisans ont riposté par une campagne parodique, détournant les symboles de l’association. Le slogan iconique « Touche pas à mon pote » est ainsi revisité en « Touche pas à mon maire », tandis que la main jaune caractéristique arbore désormais les couleurs du drapeau tricolore.
Parmi les propositions avancées par SOS Racisme figurent la nomination d’un élu municipal délégué à la lutte contre les discriminations, la délivrance de récépissés par la police municipale lors des contrôles d’identité, ou encore l’attribution de noms de lieux publics à des personnalités incarnant la diversité française. L’association estime que ces mesures permettraient de renforcer l’égalité de traitement sur le territoire communal.
La section locale du Rassemblement national a vivement rejeté ces accusations dans un communiqué. Elle affirme qu’aucun habitant n’a pu subir de discrimination depuis l’accession de Louis Aliot à la mairie en 2020, garantissant une gestion « dans le respect absolu de chaque habitant, sans distinction d’origine, de religion ou de condition ». Le parti dépeint cette initiative comme une manœuvre politique à l’approche des élections.
Si Louis Aliot apparaît en position favorable face à une gauche divisée et une droite minoritaire, son avenir politique pourrait être compromis par une affaire judiciaire en cours. Une condamnation dans le dossier des assistants parlementaires de son parti le rendrait en effet inéligible, l’obligeant potentiellement à quitter son mandat peu après le scrutin. La campagne se déroule donc sur fond d’incertitude juridique.
Face à lui, plusieurs candidats tentent de fédérer l’opposition. Agnès Langevine, investie par Place Publique et soutenue par une partie de la majorité présidentielle, Bruno Nougayrède, Mickaël Idrac, allié aux écologistes, et le socialiste dissident Mathias Blanc se disputent les voix d’un électorat de gauche fragmenté. La bataille pour Perpignan s’annonce serrée, entre enjeux sociétaux, polémiques et suspense judiciaire.
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